‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 98 sur 153 · Scène I. LX TEMPÊTE · texte numérisé non relu

Scène I. LX TEMPÊTE

TOUS chagrinez pas de oae» infirmités. Veuillez rentrer ctens ma caverne et vous reposer, je vais faiire m tour ou é&»i pour calmer mon âme agitée.

Ferd. et Mir. — Nous souhmtDDS que la paix vous soii ren-

<lue* . (Ik i'élirigniiu.)

Pros, — Jet , mon ArUl , prompt comme la pensée !

ÀTwl.^Qwl est ton konvov^oir % fauiwut^ VâimBmpmsée ; A toi je suis lié.

Pro9, — C'est conire ee maudiê,

Cest contre Caliban qu'il faut lutter, esprit I

Ariel.-^Je t' obéir ai\.m9^m; e^fe.wmiaU \noi^méme T'en parler tout à Vheureien ee mommt êwpfémê Où j'évoquais Cérès Mais j'ai craint ta fureur.

Frot. — IKf <-flM»i „ ô0ê vils laquais , où eomUU âone ?

Ariel.-^ SHgneur ,

Enflammés par le vin et remplis de bravauto , . ...

Ils marchaient , châtiant Vair froid qui to enêomn^ Et frappant de leurs pieds la terre.*, ivres morts , Mais toujours occupés de leurs projets ; alors J'ai battu mon tambour. A ce bruit qui réveille , Ils tendant la paupière et redressent Voreille , Ainsi que des poulains sauvages , indomptés , Et y comme pour flairer le- bruit de tous côtés , Ils relèvent le nez. Far un chant qui captive (38) J*ai tellement charmé kur oreille attentive. Qu'ils ont suivi mes sons dans hs airs dispersés , A travers les buissons épineux , hérissés , Les bruyères, lês houx et le» ronce» mordantes , Qui faisaient à leur peau de» piqûre ardentes. Bref , je les ai laissés dans cet étang fangeux Auprès de ta caverne , ei plongés jusqu'aux yeux , Barbotant dans la mare à l'eau verte et puanie , Pour retirer leurs pieds de la vase gluante.

Pros. — €*est très-bien, mon oiseau , mon sylphe messager ; Conserve encor ta forme invisible , et , léger, Va , vole à ma caverne , et soudain me rapporte Mes oripeaux dorés, habits de toute sorte; A ce piège attrayant je les attirerai.

Ariel.^J'y cours; dans un clin d'œil vers toi je reviendrai.

(Il sort.) 30*

^^^ THE TEMPEST. act. IV.

Pro. A devil, a born deyil, on whose nature Nurture can never stick; on whom my pains, Humanely taken, ail, ail lost, qui te lost ; And as, vith âge, his body uglier grows, So bis mind cankers : I will plague thcm ail,

RÊ-enUr Ariel, ioadenwiih giistering apparei, etc. Even to roaring :— Corne, hang them on this line.

Prospebo and Ahiei, remain invitm». Enter CaLiban Stbmano «md TKiifcnLO ; «// wrt,

Cal. Pray you, tread aofUy, that tbe bUnd mole may not Hear a foot fall : we now are near his cell.

Sle. Monster yoar fairy, which, yousay] isa harmless fairv bas donc little better thaii played the Jack with us.

Trin Monster, I do smell ail horrible; at which" my nose is m great indignation. '

Ste. So is mine. Do yon héar, monster î Jf I should take a displeasure against you ; loolt you,—

Trin. Thou wert but a lost monster.

Co/. Good, mylord, give me thy faveur still: Be patient, for ihe prize l'il bring thee to

Trin, Ay, but to lose our bottles in the pooJ,—

ste!; bu?a?infl:i:: .:ïï •"''™^^ "^^ ^^-"-"•- '« *'•«' --

la^uV "'" ^'''*' "^ ""^ *"*"'"' ''•*'"^'' ' ^^ »'«'• «'»" for ">y

Ca/. Pr'ythee, my Iting, be quiet : Seestthou hère This is the mouth of the cell : no noise, and enter : ' '

Do that good mischief, which may make thts island Thme own for ever, and I, thy Caliban, • For aye, thy foot-licker.

ScÈNB I. LA TËMPÊTB. 477

Prof . — Un démon, un démon incarné» dont la mauvaise nature ne peut jamais être. assouplie, pour qui toutes les peines que je me suis données par humanité ont été perdues, entièrement perdues I Et à mesure que Tâge rend son corps plus difforme, son esprit se gangrène encore. Je yeux qu'ils soient flagellés jusqu*à en rugir.

Abiel revient chargé de brUlanU habite et autree objets.

— Hâte-toi, range-les sur cette corde.

Prospero et Ariel demeurent invisibles. Galiban , Stephano et Tringulo entrent tout mouillés.

Cal. — Je t'en prie, marche si doucement que la taupe aveugle ne puisse entendre le bruit de tes pas : nous voilà tout près de sa caverne. .

S(^ft.— Monstre, votre lutin, qae vous disiez être un lutm sans malice, ne nous a guère- mieux traités que le feu follet des champs (39).

Trin. — Monstre, je sens partout une odeur déplaisante ; ce dont mon nez s*indigne fort.

Steph. — Le mien aussi. Écoutez-moi, monstre. S'il m'arrivait de prendre deFhumeur contre vous, voyez-vous

Trin» — Tu serais un monstre perdu.

Co/.-*- Mon bon prinee, accorde-moi toujours ta faveur'; aie patience , car le trésor auquel je te conduis est d*tm prix assez grand pour faire oublier. cette mésaventure : ainsi, pEarLsftôïit bas; tout est en repos ici comme s'il était encore^ minuit. . j

Trin. — Oui , mais avoir perdu nos bouteilles dans la.mare |

Steph. — Non -seulement il y a en cela de la honte et du déshonneur, mais encoï'e une perte infinie.

Trin, — Ce qui m'est encore plus sensible que d'avoir été mouillé. C'est là cependant votre innocent lutin, monstre. ' ^

Steph. -—Je veux aller repêcher ma bouteille > dussé-je, pour ma peine, en avoir par-dessus les oreilles l

Cal. — Je t'en prie, mon roi, prends patience. Vois-tu b^en ? voici l'ouverture de hi caverne : point de bruit, et entre ; commets ce bon méfait qui te rend mattre de cette tle pour toujours, et met à tes pieds ton Caliban, ton esclave soumis.

«78 THB TBMPE^. An !V.

Siê» Grive me thy hand: I do begîn to hare bloody thoaghts*

Trin. 0 king Stephaaol 0 peer ! 0 worthj Stephaaol look, what a wardrobe hère îs for thee t

Cal» Let it alooe, thou fool ; U is bot tnilu

2Wn. O ho, monster ; we know what belongs to a frippery : — O king Stéphane !

Ste. Pat off that gown, Trinculo ; by this hand^ l'U baye tbat gown.

Jrin. Thy grâce shall bave it.

C(U. îlie dropsy drown thîs fool I what do you mean, To doat thus on such luggage ? Let's along. And do the murder first : if he awake, From toeto crown he'll fill our ^kins with pinches; Make us strange stuff.

Ste., Be you qaâti, oioiister.--Mistre89 Une, Is not tins my jerkin ? New is the jerkia uader the Une : now, jerkiOy yoQ are like to lose your hair, and prove a bald jerkin.

Trin. Do, do; We steal by line and level, and't likè your grâce.

Su. I thank thee for that jest : hère*» a garflient lor't: wii shall not go unrewarded, while I am kia^ of thi3 co«atry : S4ml by line and level^ is an excellât pa3s oi ftate; (àereTs anolArtr garment for't.

Trin* àfonsicir, corne, {mt^ontolîmè uponyioor fingcrsy ^nd away wkh dbe re9t.

CaL I wHl bave none on't : we shall Ipse our timej And atl be turn'd to barnacles^ or to aypes With foreheads villianous low.

Sie. Momier, lay-tp yo<ir fiagers; hdp to foear thîs away, wbere i;Hy ho^headof wiiieîs,«rrUturnyoaoatdf «yUng' dem: go to, carry this.

Trin. And this.

Sii. Ay,aadlbis.

SciOKS I. LA TEMPÊTE. 479

8t9fk, — ]>«iae<«m ta vamm }e comnenoe à«?éir «MlatiDdoiis sanguinaira.

IWn. -*0 roi Stephano , ô mon prince , ô .digne dU|teno , regarde I quelle garde-robe il y a ici pour toi !

Cal. — Laisse tout cela, insensé; ce n^est que du Clinqu1int«

Tf4m*'^0}k\ obliBOjastMb nous nous connaissons en frîi^ie* — 0 roi Stephano 1

Steph. •— Lâche cette robe, Trîncule ; je j«t ptt eette main que je veux l'avoir (4o) I

Trin. — Ta Grandeur l'aura.

Co/.— Le iotl que Thydropi^e Tétrasi^l A •quoi ^hmk* vous, de vous amoser k un tel bagage ? Avançoot, et faisons le meurtre d!itonLl S'il ae réveille, notre peau m sera qu'an pincement de la tête aux pieds ; il noiiiJ«coatiera di'jne étattge manière.

S^ft. —Silence, monstre.— Madame la corde, ce pourpoint n'est'il pas pour moi ? Voilà le pourpoint descendu» Mainte* nant , beau pourpoint , tu cours risque de perdre bientôt ton duvet, et de devenir chauve (4i).

Jfln.— Prends y prends* N'en d^ilaise à Votre Grandeur» nous volons à la ligne et au cordeau.

Steph. — Je te remercie de ce bon mot ; voici un habit pour la peine. Tant que je serai roi de ce pays^ l'esprit ne restera pas sans récompense. Voler à la ligne et aM cordeau , c'est un excellent coup d'estoc. Tiens, encore un habit pour t'en marquer mon contentement.

Tfin.-- Monstre y allons, mettez un peu de glu à vos doigts, et puis emportez tout le reste [^i).

Cal, — Je n'en veux point, moi. Nous perdons notre temps, et nous serons changés en oies ou en singes qui auront de vilaines faces renfrognées.

S^epà,— Momtrer aUnnges 'vos éotgl»; aidet-lMDi à transporter tout cela à l'endroit où j'ai déposé mon tonneau de vin; sansquoije vmis dhasdie^e mon royauime svil^» eaij^flez ceci.

Tr^n. — Et ceci*

5f^/i.— (taif etceci.

MO THE TEMPEST. Act Y.

A note ^ Kwkkfi heard. Enter divers SfirUty tn ehape of hounds^ and hunt them abaut : Prospbrq and Aribl, eetting êheman.

Pro. Hey, Mimnkdn, hey !

Àri. SHver, ihere \i goeSy SUtier I

Pro^ Fu/ry, fury t there Tyrani, iherel hark, harki

(Càliban, Stephàno, and Tbincitlo are driven oui.)

Go> charge my goblios, that they griod their joints With dry convulsions, shorten up their sinews With aged cramps ; and more pinch-spotted make them Than pard^ or cat o' moantain.

Ari. Harky they roar.

JPro. Let them he hunted soundly : At this hour Lie atmy mercy ail mine enemies :

^hortly shall ail my labours end, and thou 'Shalt hâve the air at freedom : for a little, iFollow, and do me service.

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