L ADIEU
Adieu ! mais quand vous célébrerez l'heure qui éveille les chants nocturnes de la joie dans vos bosquets, oh! pensez à l'ami qui jadis la célébra aussi, et qui oublia ses chagrins pour ôtre heureux avec vous !
Ses chagrins peuvent revenir, une seule espérance peut ne pas lui rester de celles qui ont éclairé sa voie douloureuse; mais il n'oubliera jamais la vision passagère qui répandit ses enchantemens autour de lui, tandis qu'il s'oubliait près de yous!
Vers le soir, quand le plaisir fait pétiller et les cœurs et les coupes, quelque part que se dirige mon sentier, qu'il soit sombre ou brillant, mon âme, heureux amis, sera encore avec vous, s'unira à vos plaisirs, à vos jeux, à vos joies, et reviendra ver moi toute rayonnante de vos sourires !
Trop heureux si elle me dit qu'au milieu du joyeux banquet, une voix tendre a murmuré : Ah! que n'est-il ici!
Que le sort se déchaîne; il est des reliques de joie, debrillans rêves du passé, qu'il ne saurait détruire, et qui viennent, à travers la nuit des chagrins et des soucis, ramener sur les traits l'expression du bonheur.
Long-temps , long-temps mon cœur sera rempli de ces doux souvenirs , comme, le vase dans lequel on a distillé des roses : on peut briser, on peut détruire la coupe , mais le parfum des roses s'attache encore à ses débris !
(11) «Il est des pays, dit Montaigne, où l'on croit que les âmes des bienheureux vivent en toute liberté dans des champs délicieux, et que ce sont ces âmes qui répètent nos paroles, et que nous nommons e'c^o.»