‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 123 sur 210 · LA VENGEANCE DES FILS D'USNA · texte numérisé non relu

LA VENGEANCE DES FILS D'USNA

Que brillant et vengeur tombe le glaive léger d'Érin sur celui qui a trahi les braves fils d'Usna! En expiation de chaque larme qu'il a fait verser à des yeux aimés, une goutte du sang arraché à son cœur baignera notre glaive !

Par le nuage rougeâtre qui descendit sur la sombre demeure de Conor (13), lorsque les trois champions d'Ulad (14) dormaient baignés de sang ! par les vagues tumultueuses de la guerre qui ont si souvent porté ces héros au rivage de la victoire,

Nous jurons de les venger! Aucune joie ne sera goûtée, la harpe sera muette, la vierge sans époux, nos salles seront désertes, et nos champs stériles, jusqu'à ce que notre vengeance se soit appesantie sur la tête du meurtrier !

(12) Les paroles de ce chant m'ont été inspirées par l'ancienne histoire irlandaise, nommée Deirdri, ou le sort lamentable des fils d'Usna, qui a été traduite littéralement de la langue gallique par M. O'Flanagan ( voyez le premier volume des Transactions de la Société gallique de Dublin), et sur laquelle il paraît que la Darthula de Macpherson est aussi fondée. La trahison de Conor, roi d'Ulstcr, en faisant mourirlés trois fils d'Usna, fut la cause d'une guerre de désolation contre Ulster, qui se ter mina à la destruction d'Éman.

«Cette histoire (dit M. O'Flanagan } est célèhre depuis un temps immémorial, comme l'une des trois histoires tragiques des Irlaudais, qui sont: 1° la Mort des Enfans de Touran ; 1° la Mort des Enfans de Lear, et 3° celle-ci, la Mort des Enfans d'Usna, qui est une histoire Milésienne.» Voyez ci-après la ballade fondée sur l'histoire des enfans de Lear ou Lir, «Silence, ô Moyle ! »

(13) O Naisi ! n'aperçois-tu pas un nuage qui flotte dans les cieux ? Je vois sur la verte Éman une sombre nuée teinte d'un rouge de sang ! » ( Chant de Deirdri.)

(14) Ulster.

Oui, Monarque! doux sont les souvenirs de la patrie, douces sont les larmes que la tendresse fait couler, douces sont nos amiiés , nos espérances et nos amours ; mais mille fois plus douce, encore est la vengeance contre un tyran !

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