‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 141 sur 210 · L ORIGINE DE LA HARPE · texte numérisé non relu

L ORIGINE DE LA HARPE

On croit que cette harpe, que j'éveille maintenant pour toi, était jadis une Sirène qui chantait sous la mer, et qui souvent au soir traversait les vagues brillantes pour venir sur le vert rivage à la rencontre du bien-aimé !

Mais elle aimait en vain ; il la laissa pleurer et baigner de ses larmes toute la nuit ses longues tresses, jusqu'à ce que le ciel , prenant pitié d'un amour si tendre et si Yrai, métamorphosa en cette douce harpe la vierge des mers!

Son beau sein s'éleva comme auparavant, ses joues sourirent encore de même , son corps se courba gracieusement ; ses cheveux, distillant des pleurs de chaque brillante boucle, recouvrirent ses bras de neige, et devinrent des cordes d'or (30).

De là vient que cette douce harpe a long-temps mêlé le langage de l'amour au triste accent de la douleur, jusqu'à ce que les séparant tu aies enseigné à ses chants à n'être qu'amour auprès de toi, et que douleur quand tu me quittes !

(30) L'idée première de ce chant fut suggérée à l'auteur par un dessin fort ingénieux, placé en tète d'une ode sur sainte Cécile, publiée il y a quelques années par M. Hudson, de Dublin.

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