‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 140 sur 210 · SUR LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA MUSIQUE

Lorsqu'à travers la vie nous errons malheureux, pleurant tout ce qui faisait chérir l'existence, si quelque air, aimé aux jours de notre jeunesse, vient à frapper notre oreille, oh ! avec quelle joie nous recueillons les accords qui éveillent des pensées depuis long-temps assoupies, et qui rappellent les sourires d'autrefois dans des yeux ternis par les pleurs !

Le souffle bienfaisant des chants entendus jadis à des heures plus heureuses est semblable au zéphyr qui glisse en soupirant sur les fleurs orientales. Imprégnée de parfums la brise soupire encore, quoique les fleurs soient fanées et sans vie : ainsi quand le rêve du plaisir est passé, son doux souvenir revit dans le souffle de la musique !

0 divine musique ! le langage impuissant et faible se retire devant ta magie! Pourquoi le sentiment parlerait-il jamais,

(29) « Où est l'esprit du Seigneur, là est ausssi la liberté.» ( Saint Paul, Épître aux Corinthiens, III, 17.)

quand tu peux seule exhaler toute l'âme î Les paroles séduisantes de l'amitié peuvent feindre ; celles de l'amour sont encore plus perfides! An! il n'est que le doux accent de la musique qui puisse doucement charmer sans jamais trahir!

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