‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 143 sur 210 · CHANT NATIONAL · texte numérisé non relu

CHANT NATIONAL

Pleurez , pleurez ! l'heure est passée ; vos rêves d'orgueil se sont évanouis ; la fatale chaîne est rivée de nouveau , et vous n'êtes plus des hommes !

En vain le cœur du héros a saigné; la voix du sage a retenti

(31) Solis Fons, près du temple d'Ammon.

en vain. 0 liberté! une fois ta flamme éteinte, elle ne se rallume jamais!

Pleurez!... peut-être dans les jours à venir ils apprendront à chérir votre nom : plus d'une action s'éveillera rayonnante de gloire , qui a long-temps dormi dans le mépris ! Et lorsqu'ils parcourront l'île désolée où reposent enfin le seigneur et l'esclave, surpris, ils demanderont comment des mains si viles purent dompter des cœurs si braves ?

« Ce fut le sort, diront-ils; un destin capricieux trama votre discorde : tandis que vos tyrans s'unissaient dans leur haine, jamais l'amour ne vous unit ! Les cœurs qui devaient s'enlacer divorcèrent; l'homme profana les dons de Dieu, jusqu'à ce qu'on en vit maudire l'autel , où à genoux d'autres imploraient les

Page 1