‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 67 sur 210 · III · texte numérisé non relu

III

» La poésie illustre encore la guerre farouche, l'amour fidèle et l'austère vérité, qu'embellit le charme des fictions. La pâle Douleur, la douce Pitié, la Terreur, tyran des cœurs qui palpitent, parlent en sons mesurés sur la scène tragique (3). Une voix, qui semble celle des anges, nous vient sur l'aile des zéphirs du seuil fleuri d'Éden (4). Des cadences lointaines s'affaiblissent à mon oreille pour se perdre dans un long avenir. «Homme insensé, homme impie, penses-tu que cette vapeur sanglante qui s'échappe de ta poitrine a éteint l'astre radieux du jour? Demain cet astre renouvellera ses flots d'or, et ses clartés plus vives prodigueront la chaleur aux nations. Mais c'est assez : je vois avec joie les différens destins qui nous sont assignés : à toi le désespoir et les soucis du sceptre, à moi le triomphe et la mort! » II dit, et se précipitant du haut de la montagne au fond des flots mugissans, il s'élance dans la nuit éternelle. »

(1) Elisabeth, reine d'Angleterre.

(2) Toliessin, chef des bardes.

(3) Sliakspeare.

(4) Milton.

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