ACTE III, SCÈNE IV. i
Non que de Tud et Vautre il dédaigne les vœux; Je tiendrois à bonheur d'être à Tun de vous deux : Mais souffrez que je suive enfin ce qu'on m'ordonne: Je me mettrai trop haut s'il faut que je me donne; Quoique aisément je cède aux ordres de mon roi , Il n'est pas bien aisé de m'obtenir de moi.
Savez-vous quels devoirs, quels travaux, quels services.
Voudront de mon orgueil exiger les caprices; Par quels degrés de gloire on me peut mériter; En quels affreux périls il faudra vous jeter? Ce cœur vous est acquis après le diadème.
Princes; mais gardez-vous de le rendre à lui-même. Vous y renoncerez peut-être pour jamais, Quand je vous aurai dit à quel prix je le mets.
SÉLEUCnS.
Quels seront les devoirs, quels travaux , quels services Dont nous ne vous fassions d'amoureux sacrifices? Et quels affreux périls pourrons-nous redouter, Si c'est par ces degrés qu'on peut vous mériter?
▲ ITTIOCHnS.
Princesse, ouvrez ce cœur, et jugez mieux du nôtre; Jugez mieux du beau feu qui brûle l'un et l'autre; Et dites hautement à quel prix votre choix Veut faire l'un de nous le plus heureux des rois.
i56 RODOGUNE.
RODOGUITE.
Princes, le voulez-vous ?
AlCTIOCHUS.
G*est notre unique envie.
Je verrai cette ardeur d*un repentir suivie.
sÉtEucns.
Avant ce repentir tous deux nous périrons.
Enfin vous le voulez?
sÉLEurus.
Nous vous en conjurons.
Hé bien donc, il «st temps de me faire connoitre. J'obéis à mon roi, puisqu'un de vous doit Tétre; Mais quand j'aurai parlé, si vous vous en plaignez, J'atleste tous les dieux que vous m'y contraignez. Et que c'est malgré moi qu'à moi-même rendue J'écoute une chaleur qui m'étoit défendue , Qu'un devoir rappelé me rend un souvenir Que la foi des traités ne doit plus retenir.
Tremblez , princes , tremblez au nom de votre père ; Il est mort, et ]iour moi, par les mains d'une mère : Je l'avois oublié, sujette à d'autres lois; Mais libre, je lui rends enfin ce que je dois.