‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 101 sur 201 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

C'est à vous de choisir mou amour, ou ma haine. J*aime les fils du roi , je hais ceux de la reine : Réglez- vous là-dessus, et, sans plus me presser. Voyez auquel des deux vous voulez renoncer.

Il faut prendre parti; mon choix suivra le vôtre; Je respecte autant Tun que je déteste l'autre. Mais ce que j'aime en vous du sang de ce grand roi, S'il n'est digne de lui, n'est pas digne de moi. Ce sang que vous portez , ce trône qu'il vous laisse, Valent bien que pour lui votre cœur s'intéresse. Voire gloire le veut, l'amour vous le prescrit. Qui peut contre elle et lui soulever votre esprit? Si vous leur préférez une mère cruelle.

Soyez cruels, ingrats, parricides comme elle : Vous devez la punir si vous la condamnez; Vous devez l'imiter si vous la soutenez...

Quoi! cette ardeur s'éteint! l'un et l'autre soupire ! J 'a vois su le prévoir, j 'a vois su le prédire...

AZTTIOCHUS.

Princesse... .

ROnOOUNE.

Il n'est plus temps, le mot en est lâché :

Quand j'ai voulu me taire, en vain je l'ai tâché. Appelez ce devoir haine , rigueur , colère :

Pour gagner Rodogune il faut venger un père;

i58 RODOGUNE.

Je me donne à ce prix ; osez me mériter :' Et voyez qui de vous daignera m'accepter.

Adieu , princes.

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