‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 107 sur 201 · ACTE IV, SCÈNE I. ï · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. ï

Il le reprend en nous, il revit, il vous aime. Et montre, en vous aimant, qu'U estencor le même. Ab ! princesse , en Tétat où le sort nous a mis, Pouvon&-iious mieusL montrer que nous sommes ses fils?

RODOGUITE.

Si c'est son cœur en vous qui revit, et qui m*aime , Faites ce qu'il feroit s'il vivoit en lui-même : A ce cœur qu'il vous laisse osez prêter un bras ; Pouvez-vous le porter, et ne Técouter pas?

S'il vous explique mal ce qu'il en doit attendre. Il emprunte ma voix pour se mieux faire euteadre. Une seconde fois il vous le dit ^lar moi:

Prince , il faut le venger.

▲ HTIOCHUS.

J'accepte cette loi.

Nommez les assassins » et j'y cours.

RODOGUITE.

Quel mystère Vous lait , eu l'acceptant, méconnoitre une mère?

AiTTiocaus.

Ah ! si vous ne voulez voir finir nos destins, Nommez d'autres vengeurs, ou d'autres assassins.

RODOGUITE.

Ah! je vois trop régner son |)arti dans votre ame;

i66 RODOGUNE.

Prince , vous le prenez ?

ANTIOCBUS.

Oui, je le prends, madame; Et j^apporte à vos pieds le plus par de son sang, Qtie la nature enferme en ce malheureux liane. Satisfaites vous-même à cette voix secrète Dont la vôtre envers nous daigne être Tinterprète : Exécutez son ordre; et hétez-vons sur moi De punir une reine, et de venger un roi :

Mais , quitte par ma mort d'un devoir si sévère , Écoutez-en un autre en laveur de mon frère.

De deux princes unis à soupirer pour vous, Prenez l'un pour victime, et Tautre pour époux; Punissez un des fils des crimes de la mère, Mais payez l'autre aussi des services du père; Et laissez un exemple à la postérité, Et de rigueur entière, et d'entière équité.

Quoi! n'écouterez-vous ni l'amour ni la haine? Ne poorrai-je obtenir ni salaire ni peine?

Ce cœur qui vous adore , et que vous dédaignez...

ROOOGUHX.

Hélas ! prince !

▲ HTIOCHUS.

Est-ce encor le roi que vous plaignez.?

€e soupir ne va-t-il que vers l'ombre d'un père?

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