‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 134 sur 201 · PHOCAS, CRISPE · texte numérisé non relu

PHOCAS, CRISPE

PHOCAS

CiRisPs , ii n'est que trop vrai ; la plus belle couronne N*a que de faux brillants dont Téclat l'environne; Et celui dont le ciel pour un sceptre fait choix , Jusqu'à ce qu'il le porte, en ignore le poids. Mille et mille douceurs y semblent attachées, Qui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées : Qui croit les posséder les sent s^évanouir; Et la peur de les perdre empêche d'en jouir.

Sur- tout qui, comme moi, d'une obscure naissance Monte par la révolte à la toute-puissance ,

ai8 HÉRACLIUS.

Qui de simple soldat à Tempire élevé Ne Ta, que par le crime, acquis et conservé.

Autant que sa fureur s'est immolé de tètes, Autant dessus la sienue il croit voir de tempêtes ; Et comme il n'a semé qu'épouvante et qu'horreur. Il n'en recueille enfin que trouble et que terreur. J'en ai semé beaucoup; et depuis quatre lustres Mon trône n'est fondé que sur des morts illustres : Et j'ai mis au tombeau , pour régner sans ef&oi, Tout ce que j'en ai vu de plus digne que moi. Mais le sang répandu de l'empereur Maurice, Ses cinq fils à ses yeux envoyés au supplice. En vain en ont été les premiers fondements, Si pour m'ôter ce trône ils servent d'instruments. On en fait revivre un au bout de vingt années. Byzance ouvre, dis-tu, l'oreille à ces menées; Et le peuple, amoureux de tout ce qui me nuit, D'une croyance avide embrasse ce faux bruit.

Impatient déjà de se laisser séduire Au premier imposteur armé pour me détruire, Qui , s'osant revêtir de ce fantôme aimé , Voudra servir d'idole à son zèle charmé.

Mais sais-tu sobs quel nom ce fâcheux bruit s'excite ?

CRISPE

Il uomme Héraclius celui qu'il ressuscite.

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