ACTE II, SCÈNE II
Il prépara mon ame au feu qu'ils allumèrent; Et ces yeux tout divins, par un soudain pouvoir, Achevèrent sur moi Teffet de ce devoir.
Oui, mou cœur, chère Eudoxe, à ce trône n'aspire Que pour vous voir bientôt maîtresse de Tempire. Je ne me suis voulu jeter dans le hasard Que par la seule soif de vous en faire part; C'étoit là tout mon but. Pour éviter Tinceste Je n'ai qu'à m'éloigner de ce climat funeste; Mais si je me dérobe au rang qui vous est dû. Ce sera par moi seul qne vous l'aurez perdu ; Seul je vous ôterai ce que je vous dois rendre: Disposez des moyens et du temps de le prendre; Quand vous voudrez régner, faites-m'en possesseur. Mais comme enfin j'ai lieu de craindre pour ma sœur, Tirez-la dans ce jour de ce péril extrême.
Ou demain je ne prends conseil que de moi-même.
LÉONTIlffS.
Reposez-vous sur moi, seigneur, de tout son sort, Et n'en appréhendez ni l'hymen ni la mort.
a44 HERÂCLIUS.