‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 160 sur 201 · ACTE II, SCÈNE VIL a5î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIL a5î

D'autres soupçonneroient qu'un peu d'ambition, Du prince Martian voyant la passion , Pour lui voir sur le trône élever votre fille, Auroit voulu laisser Tempire en sa famille.

Et me faire trouver un tel destin bien doux Dans rétemeUe erreur d'être sorti de vous; Mais je tiendrois à crime une telle pensée.

Je me plains seulement d'une ardeur insensée, D'un détestable amour que pour ma propre sœur Yous-méme vous avez allumé dans mon cœur.

Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste?

Je vous aurois tout dit avant ce nœud funeste; Et je le craignois peu , trop sûre que Phocas, Ayant d'autres desseins, ne le soufiriroit pas. Je voulois donc, seigneur, qu'une flamme si belle Portât votre courage aux vertus dignes d'elle, £t que , votre valeur l'ayant su mériter , Le refus du tyran vous pût mieux irriter. .

Tous n'avez pas rendu mon espérance vaine :

J'ai vu daas votre amour une source de haine; Et j'ose'dire'encor'qu'unlïras si renommé Peut-être auroit moins fait si le cœur n'eût aimé. Achevez donc, seigneur; et puisque Pulchérie Doit craindre l'attentat d'une aveugle furie...

a54 HÉRACLIUS.

MARTIAV. .

Peut-être il vaudroit mieux moi-même la porter A ce que le tyran témoigne en souhaiter.

Son amour, qui pour moi résiste à sa colère , N'y résistera plus quand je serai son frère.

Pourrois-je lui trouYcr un plus illustre époux ?

liÉOlTTIVX.

Seigneur , qu'allez-vous faire? et que me dites-vous?

M ARTIAir.

Que peut-être, pour rompre un si digne hjrménée^ J'expose à tort sa tête avec ma destinée.

Et fais d'Héradius un chef de conjurés Dont je vois les complots encor mal assurés.

Aucun d'eux du tyran n'approche la personne; Et quand même l'issue en pourrait être bonne, Peut-être il m'est honteux de reprendre l'état Par l'infâme succès d'un lâche assassinat.

Peut-être il vaudroit mieux en tête d'une armée Faire parler pour moi toute ma renommée, Et trouver à l'empire un chemin glorieux Pour venger mes parents d'un bras victorieux. C'est dont je vais résoudre avec cette princesse, Pour qui non plus l'amour, mais le sang m'intéresse. Vous, avec votre Eudoxe...

laÉOHTXHE.

Ah! seigneur, écoutez.

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