ACTE II, SCÈNE VI. a5i
Et, voyant tous les cœurs tous souhaiter pour maître ,
J'ai ligué du tyran les secrets ennemis,
Mais sans leur découvrir plus qu'il ne m'est permis.
Ils aiment votre nom, sans savoir davantage.
Et cette seule joie anime leur courage.
Sans qu'autres que les deux qui vous parloient là-bas
De tout ce qu'elle a fait sachent plus que Phocas.
Tous venez de savoir ce que vous vouliez d'elle :
C'est à vous de répondre à son généreux zèle.
Le peuple est mutiné , nos amis assemblés ,
Le tyran efiPrayé, ses confidents troublés :
Donnez l'aveu du prince à sa mort qu'on apprête ,
Et ne dédaignez pas d'ordonner de sa tête.
MARTIAN
Surpris des nouveautés d'un té\ événement.
Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.
Je sais ce que je dois, madame, au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice.
Je croyois comme fils devoir tout à vos soins. Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins : Mais pour vous expliquer toute ma gratitude , Mon ame a trop de trouble et trop d'inquiétude. J'aimois , vous le savez; et mon cœur enflammé Trouve enfin une sœur dedans l'objet aimé.
Je perds une maîtresse en gagnant un empire;
ik5a HÉRACLIUS.
Mon amour en murmure, et mon oœtir en soupire;
Et de mille peusers mon esprit agité
Paroit enseveli dans la stupidité.
Il est temps d*en sortir, Thonneur nous le commande.
Il faut donner un chef à votre illustre bande :
Allez, brave £x.upère, allez, je vous rejoins;
Sou£&ez que je lui parle un moment sans témoins.
Disposez cependant vos amis à bien foire :
Sur- tout sauvons le fils en immolant le père;
Il n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvab sang,
Dont la dernière guerre a trop purgé son flanc.
BXDPiR£.
Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissance, Et vous allons attendre avec impatience.