‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 189 sur 201 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Ce que j*en eiLs de connoissance Brave une orgueilleuse puissance Qui n*en croit pas mon vain effort; Et je doute de ma naissance Quand on me refuse la mort.

Ce fier tyran qui me caresse Montre pour moi tant de tendresse^ Que mon cœur s*en laisse alarmer :

Lorsqu*il me prie et me conjure, Son amitié paroit si pure, Que je ne saurois présumer Si c'est par instinct de nature, Ou par coutume de m*aimer.

Dans cette croyance incertaine, JTai pour lui des transports de haine Que je ne conserve pas bien.

Cette grâce qu'il veut me faire Étonne et trouble ma colère ; Et je n'ose résoudre rien Quand je trouve un amour de père En celui qui m*ôta te mien.

Retiens, grande ombre de Maurice,

3oo HÉRACLIUS.

Mon ame au bprd du précipice

Que cette obscurité lui fait ;

Et m'aide à faire mieux connoîti*e

Qu'en ton fils Dieu n'a pas fait naître

Un prince à ce point imparfait.

Ou que je méritois de Tétre

Si je ne le suis en effet.

Soutiens ma haine qui chancelle ; Et redoublant pour ta querelle Cette noble ardeur de mourir, Fais voir... Mais il m'exauce, ou vient me secourir.

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