‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 190 sur 201 · ACTE V, SCÈNE II. Soc · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II. Soc

P1TLCHÉRIE.

Il le pense , seigneur; et ce brutal espère , Mieux qu'il qe trouve un fils , que je découvre un frère. Comme si j*étois fille à ne lui rien celer De tout ce que le sang pourroit mç révéler.

BÉRACLIVS.

Puisse-t-il par un trait de lumière fidèle Vous le mieux révéler qu'il ne me le révèle ! Aidez-moi cependant, madame, à repousser Les indignes frayeurs dont je me sens presser...

Ab! prince, il ne faut point d*assurance plus claire; Si vous craignez la mort , vous n'êtes point mon frère: Ces indignes frayeurs vous ont trop découvert.

HÉRACLXUS.

Moi, la craindre, madame ! Ab ! je m'y suis offert.

Qu'il me traite en tyran, qu'il m'envoie au supplice.

Je suis Héraclios , je suis fils de Maurice :

Sous ces noms précieux je cdurs m'ensevelir,

Et m'étonne si peu que je l'en fais pâlir.

Mais il me traite en père , il me flatte , il m'embrasse;

Je n'en puis arracber une seule menace :

J'ai beau faire et beau dire afin de l'irriter.

Il m'écoute si peu qu'il me force à douter.

Malgré moi, comme fils toujours il me regarde;

3oa HÉRACLIUS.

Au lieu d*étre en prison, je n'ai pas même un garde.

Je ne sais qui je suis, et crains de le savoir;

Je veux ce que je dois, et cherche mon devoir :

Je crains de le haïr si j'en tiens la naissance ;

Je le plains de m'aimer si je m'en dois vengeance ;

Et mon cœur, indigné d'une telle amitié,

En frémit de colère, et tremble de pitié :

De tous ses mouvements mon esprit se défie ;

Il condamne aussitôt tout ce qu'il justifie.

La colère, l'amour, la liaiue, et le respect.

Ne me présentent rien qui ne me soit sus[)ect :

Je crains tout, je fuis tout ; et, dans cette aventure,

Des deux côtés en vain j'écoute la nature.

Secourez doue un frère en ces perplexités.

PULCHÉRZK.

Ah ! vous ne Tètes point, puisque vous en douiez. Celui qui , comme vous, prétend à cette gloire. D'un courage plus ferme en croit ce qu'il doit croire ; Comme vous on le flatte, il y sait résister; Rien ne le touche assez pour le faire douter : Et le sang, par un double et secret artifice. Parle en vous pour Phocas, comme en lui pour Maurice.

HERACLIUS

A ces marques en lui couuoissez Mai'tiao ;

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