‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 46 sur 201 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

A votre chaste amour demande des Césars.

Cest Tunique bonheur où mes désirs prétendent; C*est le fî'uit que j'attends des lauriers qui m'attendent :

Heureux, si mon destin, encore un peu plus doux , Me les faisoit cueillir sans m'éloigner de vous! Mais, las! contre mon feu mon feu me sollicite; Si je veux être à vous, il faut que je vous quitte : En quelques lieux qu'on fuie, il me faut y courir, Pour achever de vaincre et de vous conquérir. Permettez cependant qu'à ces douces amorces Je prenne un nouveau cœur et de nouvelles forces, Pour faire dire encore aux peuples pleins d'effroi Que venir, voir, et vaincre, est même chose eu moi.

CLEOPATRE

C'est trop, c'est trop, seigneur; soufirez que j'en

abuse :

Votre amour fait ma ^ute, il fera mon excuse. Vous me rendez le sceptre , et peut-être le jour; Mais, si j'ose abuser de cet excès d'amour.

Je vous conjure encor, par ses plus puissants charmes , Par ce juste bonheur qui suit toujours vos armes. Par tout ce que j'espère et que vous attendez. De n'ensanglanter pas ce que vous me rendez.

Faites grâce, seigneur, ou souffirez que j'en fasse.

Et montre à tous par là que j*ai repris ma place. Achillas et Photin sont gens à dédaigner; Ils sont assez punis en me voyant régner ; Et leur crime...

CÉSAB.

Ah! prenezd autres marquesdereiue:

Dessus mes volontés vous êtes souveraine; Mais, si mes sentiments peuvent être écoutés, Choisissez des sujets dignes de vos bontés; Ne vous donnez sur moi qu*un pouvoir légitime, Et ne me rendez point complice de leur crime. Cest beaucoup que pour vous j'ose épargner le roi; Et si mes feux n*étoient...

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