PHILIPPE
Tout couvert de son saug , et plus mort que lui-même ,
Après avoir cent fois maudit le diadème, Madame , j'ai porté mes pas et mes saDglots Du côté que le vent poussoit encor les flots. Je cours loDg-temps en vain : mais enfin d'une roche J'en découvre le tronc vers un sable assez proche, Où la vague en courroux sembloit prendre plaisir A feindre de le rendre et puis s'en ressaisir. Je m'y jette, et l'embrasse, et le pousse au rivage; Et, ramassant sous lui le débris d'un naufrage. Je lui dresse un bûcher à la hâte et sans art. Tel que je pus sur l'heure, et qu'il plut au hasard. A peine briîloit-il, que le ciel plus propice M'envoie un compagnon en ce pieux office:
Gordus, un vieux Romain qui demeure en ces lieux, Retournant de la ville , y détourne les yeux ; Et n'y voyant qu'un tronc dont la tête est coupée, A cette triste marque il reconnoit Pompée.
Soudain la larme à Tceil: « O toi , qui que tu sois, « A qui le ciel permet de si dignes emplois, « Ton sort est bien, dit-il, autre que tu ne penses: « Tu crains des châtiments , attends des récompenses ; « César est en Egypte, et venge hautement « Celui pour qui ton zèle a tant de sentiment. « Tu peux faire éclater les soins qu'on t'en voit pren- «dre,