‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 73 sur 201 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

Se mêle dans les coups, porte par-tout sa rage , En pousse jusqu'au boutles furieux effets.

Que vous dirai-je enfin? les Parthes sont défaits ; Le roi meurt, et, dit-on , par la main de la reine ) Rodogune captive est livrée à sa haine.

Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers, Alors sans moi, mon frère, elle les eût soufferts. La reine, à la gêner prenant mille délices, Ne commettoit qu'à moi Tordre de ses supplices ; Mais, quoi que m'ordonnât cette ame toute en feu , Je promettois beaucoup, et j'exécutois peu. Le Parthe cependant en jure la vengeance :

Sur nous à main armée il fond en diligence.

Nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord. Il veut fermer l'oreille, enflé de l'avantage; Mais voyant parmi nous Rodogune eu otage.

Enfin il craint pour elle , et nous daigne écouter) Et c'est ce qu'aujourd'hui l'on doit exécuter.

La reine , de l'Egypte a rappelé nos princes Pour remettre à l'aîné son trône et ses provinces. Rodogune a paru , sortant de sa prison, Comme un soleil levant dessus noire horizon.

liC Parthe a décampé, pressé par d'autres guerres Contre TArménien qui ravage ses terres :

lao RODOGUNE.

D'qo enneihi crtiel il s'est fait notre appui. La paix finit la haine; et, pour comble aujourd'hui, Dois«je dire de bonne ou mauvaise fortune ?

Nos deux princes tous deux adorent Rodogune.

TtMAGÈlTE.

SitÂt qu'ils ont paru tous deux en cette cour, Ib ont vu Rodoguné , et j'ai vu leur amour :

Mais, comme étant rivaux nous les trouvons à plaindre, Connoissant leur vertu je n'en vols rien à craindre. Pour vous, qui gouvernez cet objet de leurs vœux..*

LAOïriCE.

Je n'ai point encor vu qu'elle aime aucun des deux.

TïlUAOiNE.

Vous me trouvez mal propre à cette confidence. Et, peut-être à dessein... Je la vois qui s'avance. Adieu : je dois au rang qu'elle est prête à tenir Du moins la liberté de vous entretenir.

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