‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 98 sur 201 · ACTE III, SCÈNE III. i5i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III. i5i

Et, content de mou cœur, dont je te fiais le maître, Dans mes regards surpris garde-toi de paroitre.

rfCÈNE IV.

ANHOCHUS, SÉLEUCUS, RODOGUNE.

AlTTIOCHUS.

Ne VOUS offensez pas, princesse, de nous voir De vos yeux à vous-même expliquer le pouvoir. Ce n*est pasd*aujourd*hui que nos cœurs en soupirent ; A vos premiers regards tous deux ils se rendirent : Mais un profond respect nous fit taire et brûler; Et ce même respect nous force de parler.

L'heureux moment approche où votre destinée Semble être aucunement à la nôtre enchaînée.

Puisque d'un droit d'aînesse incertain parmi nous

La nôtre attend un sceptre, et la vôtre un époux.

C'est trop d'indignité que notre souveraine

De l'un de ses captifs tienne le nom de reine ;

Notre amour s'en offense, et, changeant cette loi,

Remet à notre reine à nous choisir un toi.

Ne vous abaissez plus à suivre la couronne;

Donnez-la , sans souffrir qu'avec elle on vous donne ;

i5a RODOGUNE.

Réglez notre destin qu'ont mal réglé les dieux ;

Notre seul droit d'aînesse est de plaire à vos yeux.

L'ardeur qu'allume en nous une flanune si pure

Préfère votre choix au choix de la nature,

Et vient sacrifier à votre élection

Toute notre espérance et notre ambition.

Prononcez donc, madame , et faites un monarque; Nous céderons sans honte à cette illustre marque; Et celui qui perdra votre divin objet Demeurera du moins votre premier sujet :

Son amour immortel saura toujours lui dire Que ce rang près de vous vaut ailleurs un empire ; Il y mettra sa gloire, et, dans un tel malheur. L'heur de vous obéir flattera sa douleur.

Princes, je dois beaucoup à cette déférence De votre ambition et de votre espérance ; Et j'en recevrois l'ofl're avec quelque plaisir Si celles de mon rang avoient droit de choisir. Comme sans leurs avis les rois disposent d'elles ^Pour affermir leur trône ou finir leurs querelles, Le destin des états est arbitre du leur, Et l'ordre des traités règle tout dans leur cœur. C'est lui que suit le mien , et non pas la couronne : J'aimerai l'un de vous, parcequ'ii me l'ordonne ;

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