CHEZ LEFÈVRE, ÉDITEUR
ftVS DK L'BPBBOir, 6.
COMÉDIE'
1 II faut avouer que nous devons à l'Espagne la première tragédie touchante et la première comédie de caractère qui aient illustré la France. Ne rougissons point d'être venus tard dans tous les genres. C'est beaucoup que, dans un temps où l'on ne connaissait que des aventures romanesques et des turlupinades , Corneille mît la morale sur le théâtre. Ce n'est qu'une traduction ; mais c'est probablement à cette traduction que nous devons Molière. Il est impossible, en effet, que l'inimitable Molière ait vu cette pièce sans voir tout d'un coup la prodigieuse supériorité que ce genre a sur tous les autres, et sans s'y livrer entièrement. Il y a autant de distance de Mélile au Menteur que de toutes les comédies de ce temps-là à Mclite : ainsi Corneille a réformé la scène tragique et la scène comique par d'heureuses imitations. (V.)