‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 103 sur 377 · ACTE n, BCkSE U · texte numérisé non relu

ACTE n, BCkSE U

Ma perte est sup|MMrtfidi>le, et meB mal est léger >.

uomci.

Quoi! vous parlez encor de TeDgeanœ et de baine Pour celle dont vonsHnôme ailes faire une reine*!

CUÊOrATRE.

Qaoi! je ferois un roi pour être «on époux,

Et m'exposer aux traits de son juste courroux !

N*apprendras-tu jamais, ame basse et grossière ',

A voir par d^autres yeux que les yeux du vulgaire?

Toi qui connois ce peuple, et sais qu'aux champs de Mars

Lâchement d'une femme il suit les étendards;

Que, sans Antiochus, Tryphon m'et^l dépouillée ;

Que sous lui son ardeur fut soudain réveillée*;

Ne saurois-tu juger que si je nomme un roi,

CTest pour le commander, et combattre pour moi'?

J'en ai le choix en main avec le droit d'aînesse*;

Et, puisqu'il en faut faire une aide à ma folblesse*^,

f Comment peat-elle dire que la perte d*mi rang qui la rend forcenée lui sera supportable! (V.)

2 La particule |Joiir ne peut convenir à vengeance : on n'a point de vengeance pour quelqu'un. (V.) — La particule pour s'applique très bien au mot de haine qui la précède immédiatement, et c'en est assez pour l'exactitude de la phrase. Racine et Boileau en ofTriroient une foule d'exemples. (ï*.)

3 Ce n'est point cette confidente qui est grossière ; n'est-ce pas Qéopàtrc qui semble le devenir en parlant à une dame de sa cour comme on parlerait à une servante dont l'imbécillité mettrait en colère! et ici c'est une reine qui confie des crimes à une dame épouvantée de cette confidence inutile ; elle appelle cette dame grossière. En vérité, cela est dans le goût de la comtesse d*Bgcmrb0gnas^ qui appelle sa femme de chambre bouvière, (Y.)

^ Il semble que ce soit l'ardeur d'Ântiochus ; il s'agit de celle du peuple. Et qu'est-ce qu'une ardeur réveillée sous quelqu'un! {\.)

S On commande une armée, o» commande à nne nation ; on ne com- >niWMie point un homme, excepté lorsqu'à la guerre on homme est com^ mandé par un autre pour être de ttanchée, pour aller reeonnattre, pour «traquer. Pour U commander et emnbaUre n^t paa français : elle veut «iirt, pmir ^[uêjt lui commande, et •qwâil camèaite pour moi; ces tinax IHntr font m nuLUTsis effet. { Y.)

* iiMtr «« «A«ûe«n M«*n «^t«i («égfllita'ni Boble. (Y.)

^ Ifnt aide à ma faiblesse est du style familier. (Y.)

Que la guerre sans lui ne peut se rallumer i, J'userai bien du droit que j'ai de le nommer. On ne montera point au rang dont je dévale >, Qu'en épousant ma haine au lieu de ma rivale * : Ce n'est qu'en me vengeant qu'on me le peut ravir ^ ; Et je ferai régner qui me voudra servir.

LAONICK.

Je vous connoissois mal ^.

CLÉOPATRE

Connois-moi tout entière *, Quand je mis Rodogune en tes mains prisonnière, Ce ne fut ni pitié, ni respect de son rang. Qui m'arrêta le bras et conserva son sang. La mort d'Antiochus me laissoit sans armée. Et d'une troupe en hâte à me suivre animée; Beaucoup dans ma vengeance ayant fini leurs jours'' M'exposoient à son frère, et foible et sans secours^. Je me voyois perdue à moins d'un tel otage : Il vint, et sa fureur craignit pour ce cher gage; 11 m'imposa des lois, exigea des serments,

* Sans lui; elle entend, sans que je fasse un roi. (V.)

* Dévaler est trop bas ; mais il était encore d'usage du temps de Corneille. {V.)

3 Épouser une haine au lieu d'une femme est un jeu de mots, une équivoque qu'il ne faut jamais imiter. (Y.)

^ Ce le se rapporte au rang, qui est trop loin. (V.)

5 Ce mot devrait, ce semble, faire rentrer Cléopàtre en elle-même, et lui faire sentir quelle imprudence elle commet d'ouvrir sans raison un<? ame si noire à une personne qui en est effrayée. (Y.)

. ConnoisHDoi tout entière,

parait d'une femme qui veut toujours parler, et non pas d^une tàaa» habile ; car quel intérêt a-t-elle à vouloir se donner pour un monstre à une fenune étonnée de ces étranges aveux! (Y.)

T Phrase obscure, et qui n'est pas française : on ne sait si sa vengeance les a fait périr, ou s'ils sont morts en voulant la venger ; et 6eaiv- Gomp d'une troupe n'est pas français. (Y.)

S Quel était ce frèrel on ne l'a point dit. YoUà, je crois, bien de» Hntes ; et cependant le caractère de Cléopàtre est imposant, et exdXm m» très grand intérêt de curiosité; le spectateur est comme la confia dente ; il apprend de momtat en moment des choses dont il attend la mite. (Y.)

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