‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 106 sur 377 · ACTE n, SCENE m · texte numérisé non relu

ACTE n, SCENE m

Ma vie est presque «sée, et ce reste invûe Chez mon frère avec vovs troaveit m aèr asile : Mais Toir, après douze aas et de soins et de nmix. Un père vous 6ter le fruit de mes travaux ! Mais voir votre couiMuie après Im destinée Aux enfants qui ntltroîent d'un second byméaée ! A cette indignité je ne connus plus rien ; Je me cm» tout permis pour garder votre bien ^. Recevez donc, mes fils, de la main d*une mère, Un trône racheté par le malheur d'un père. Je crus qu'il lit lui-même un crime en vous Fôtant, Et si j'en ai fait un eu vous le rachetant, Daigne du juste ciel la bonté souveraine. Vous en laissant le fruit, m'en réserver la peine, Ne lancer que sur moi les foudres mérités. Et n'épandre sur vous que des prospérités !

ANTIOCHUS

Jusques ici, madame, aucun ne met en doute *

Les longs et grands travaux que notre amour vous coûte ;

Et nous croyons tenir des soins de cet amour

Ce doux espoir du trône aussi bien que le jour 5;

Le récit nous en charme, et nous fait mieux comprendre

Quelles grâces tous deux nous vous en devons rendre :

Mais, afin qu'à jamais nous les puissions bénir.

Épargnez le dernier à notre souvenir;

Ce sont fatalités dont i'anie embarrassée^

A plus qu'elle ne veut se voit souvent forcée ^.

Siu* les noires couleurs d'un si triste tableau

* Il fallait, pour vous garder votre bien. (V.)

< Ce discours d'Antiochas est d'une bienséance qui lui gagne tous les cœurs. — S'il y a notre amour (toutes les éditions le portent), c'est un barbarisme : notre amour ne peut jamais signifier l'amour que vous avez pour nous : s'il y a votre amour, il peut signifier l'amour de Qéopâtre pour ses enfants. (V.)

3 Un doux espoir du trône qu'on tient du soin d'un amour I (V.)

* Il faudrait au moins des fatalités ; mais des fatalités dontl'ame -est embarrassée; une femme qui débute sa os raison par avouer à ses

enfants qu'elle a tué leur père, doit leur causer plus que de l'embarras. (V.)

* Souvent est de trop. ( V-)

Ui RODOGUNE.

Il faut passer Tépange ou tirer le rideau i-: Uu fils est criminel quand il les examine; El, quelque suite enfin que le ciel y destine*, J'en rejette ridée, et crois qu'en ces malheurs Le silence ou Toubli nous sied mieux que les pleurs. Nous attendons le sceptre avec même espérance : Mais si nous Tattendons, c*est sans impatience; Nous pouvons sans régner vivre tous deux contents ; C'est le fruit de vos soins, jouissez-en longtemps : Il tombera sur nous quand vous en serez lasse ; Nous le recevrons lors de bien meilleure grâce ; Et l'accepter sitôt semble nous reprocher De n'être revenus que pour vous l'arracher.

SELEUCUS

J'ajouterai, madame, à ce qu'a dit mon frère > Que, bien qu'avec plaisir et l'un et l'autre espère*. L'ambition n'est pas notre plus grand désir >. Régnez, nous le verrons tous deux avec plaisir; Et c'est bien la raison que pour tant de puissance Nous vous rendions du moins un peu d'obéissance •, Et que celui de nous dont le ciel a fait choix Sous votre illustre exemple apprenne Tart des rois.

CLÉOPATRE

Dites tout, mes enfants; vous fuyez la couronne, Non que son trop d'éclat ou son poids vous étonne ;

1 On sent assez que cette altematiye â.*éponge et de rideau fait unr mauvais effet : il ne faut employer TalternatiTe que quand on propose le choix de deux partis ; mais on ne propose point, en parlant à sa reine et à sa mère, le choix de deux expressions. De plus, ces exprès-^ sions un peu triviales ne sont pas dignes du style tragique. Il en faut dire autant de la suite que le ciel destine à ces noires couleurs, \\.\

2 Le ciel qui destine une suite! (V.)

3 Séleucus ne parle pas si bien que son frère ; il dit, j'ajouterai, et il n'ajoute rien. (V.)

* Que bien qu'avec est trop rude à l'oreille ; on ne dit point, et l'un et Vautre, à moins que le premier et ne lie la phrase. (Y.)

^ L'ambition est une passion, et non liVi désir. (Y.)

6 Cest bien la raison est du style de la comédie. Pour tant de puissance ne forme pas un sens net ; est-ce pour la puissance de la reineY est-ce pour la puissance de ses enfants, qui n'en ont aucunet est-ce pour celle qu'aura l'un d'eux! (Y,)

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