‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 117 sur 377 · ANTIOCHUS, SÉLEUCUS, RODOGUNE · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS, SÉLEUCUS, RODOGUNE

ANTIOCHUS

Ne vous offensez pas, princesse, de nous voir

De vos yeux à vous-même expliquer le pouvoir *.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que nos cœurs en soupirent ' ;

A vos premiers regards tous deux ils se rendirent :

Mais un profond respect nous iit taire et brûler ' ;

Et ce même respect nous force de parler.

L'heureux moment approche où votre destinée Semble être aucunement à la nôtre enchaînée *, Puisque d'un droit d'aînesse incertain parmi nous ^ La nôtre attend un sceptre, et la vôtre un époux. C'est trop d'indignité que notre souveraine De l'un de ses captifs tienne le nom de reine *;

faire aux deux princes d'assassiner leur mère n*est pas sérieuse ; ello sait trop que ni l'un ni l'autre n'en seroit capable, et elle-même Tavouera dans une autre scène. |P.)

1 Et de quoi yeut-il qu'elle s'offense 1 de ce que deux frères, dont l'un doit l'épouser et la faire reine, joignent à l'offre du trône un sentim«it dont elle doit être charmée et honorée ! Ce faux goût était introduit par nos romans de chevalerie, dans lesquels un héros était sâr de l'indignation de sa dame, quand il lui avait fait sa déclaration ; et ce n'était qu'après beaucoup de temps et de façons qu'on lui pardonnait.

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