ACTB IH, SCÈNE IV
Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; Qui rose réveiller peut s'en laisser surprendre * ; Et je mérilerois qu'il me prtt consumer, Si je lui foumissois de quoi se rallumer.
SÉLErCUS.
Pouvez-vous redouter sa haine renaissante, S'il est en votre main de la rendre impuissante? Faites un roi, madame, et régnez avec lui ; Son courroux désanné demeure sans appui, Et toutes ses fureurs sans effet rallumées Ne pousseront en Tair que de vaines fumées «. Mais a-t-elle intérêt au choix que vous ferez. Pour eu craindre les maux que vous vous figurez *î La couronne est à nous ; et, sans lui faire injure^ Sans manquer de respect aux (jlroits de la nature. Chacun de nous à fautre en peut céder sa part» Et rendre à votre choix ce qu'il doit au hasard ^. Qu'un si foible scrupule en notre fhveur cesse : Votre inclination vaut bien un droit d'aînesse» Dont vous seriez traitée avec trop de rigueur •, S'il se trouvoit contraire aux vœux de votre cœur. On vous applaudirait quand vous serifii à pUindre *. Pour V4MI8 Cure régner ^ saroit voue coolniadra,
1 Se laisser surprendre d* un feu qu*on réveille ne paraît fMui jitfitt i vm B?ttt point mpri» d'un Imi qa'on «ttîM , vais <m p«ttt «»a être
atteint. (V.)
* Ih vaines Jkméss poussàm en> Voir par dM/umutts n» font pas^ cfflonoe je Pu vtviasqué ailleure, une belle iroaf e ; et Coneille emploie tiop souvent ces (umées poitaeécs en Tair. ( V.)
3 n parait naturel que Cléopàtre ait intérêt à ce choix, pqisquo Hodogune peut choisir le cadet, et que Cléopàtre doit cluMsir l'aîn»» : de plus, la phrase est trop louche ; a-t-elle intérêt pour en craindre f
* Chacun de nous peut céder sa part de son espérance, et rendre «u choix de Rodogune ce qu'il doit au hasard : quel langage ! quel tour! il faudrait au moins, ce qu'il devrait au hasard; car les deux frères n'ont encore rien. (V.)
* Un droit d'aînesse dont on est traité avec rigueur ; cela n'est pas français, et le vers n'est pas bien tourné. | V.) ,
« Applaudirait n'est pas le mot propre ; c'est on vous félicite' '«7. (V.)
Vous donner la couronne en tous tyrannisant, Et verser du poison sur ce noble présent. Au nom de ce beau feu qui tous deux nous consume. Princesse, à notre espoir 6tez cette amertume < ; Et permettez que Theur qui suivra Totre époux ' Se puisse redoubler à le tenir de vous s.
BODOGUNE.
Ce beau feu vous aveugle autant comme il vous brûle; Et, t&cbant d'avancer, son effort vous recule ^. Vous croyez que ce choix que Tun et Tautre attend Pourra faire un heureux sans faire un mécontent; Et moi, quelque vertu que votre cœur prépare *, Je crains d*en foire deux si le mien se déclare ^ : Non que de Tun et Tautre il dédaigne les vœux ; Je tiendrois à bonheur d'être à Tun de vous deux "^ : Mais souffrez que je suive enfin ce qu'on m'ordonne : Je me mettrai trop haut s'il faut que je me donne; Quoique aisément je cède aux ordres de mon roi, Il n'est pas bien aisé de m'obtenir de moi. Savez-vous quels devoirs, quels travaux, quels services. Voudront de mon orgueil exiger les caprices ^ ?
1 Qu'est-ce qa'ôter l'amertume à un espoir 1 (V.)
t Un heur qui suit un époux, et qui redouble à le tenir ! tout cela est impropre, et n'est ni bien construit, ni français ; ce sont autant dts barbarismes. (Y.)
S C'est encore un barbarisme : un heur qui redouble à le tenir! il semble que ce soit cet heur qui tienne. (V.)
^ Cela n'est ni français, ni noble, ni exact. Aveugler et reculer sont des figures qui ne peuvent aller ensemble : toute métaphore doit finir comme elle a commencé. Qu'est-ce que l'efTort d'un feu qui recule deux princes tâchant d'avancer 1 (Y.)
> Et moi, quelque vertu que votre cœur prépare
ne paraît pas bien dit ; on ne prépare pas une vertu comme on prépara une réponse, un dessein, une action, un discours, etc. (Y.)
< Elle craint d'en faire deux. On ne sait , par la construction, si c'est deux heureux ou deux mécontents ; le mien veut dire mon cœur : toute cette tirade est un peu embrouillée. (Y.)
^ Tenir à bonheur est une façon de parler de ce temps-là ; mais la t>elle poésie ne l'a jamais admise. (Y.)
S II est bien étrange qu'elle se serve de ce mot, et qu'elle appelle eapriee l'abominable proposition qu'elle va faire. (Y.)