‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 149 sur 377 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLEOPATRE, ANTIOGHUS, RODOGUNE, ORONTE, TIMAGÉNE, LAONICE, troupe.

TIMAGÈNE

Ah! seigneur!

CLEOPATRE

Timagène, Quelle est votre insolence !

TIMAGÈNE

Ah! madame!

ANTIOGHUS , rendant la coupe à Laonice.

Parlez.

TIMAGÈNE

Souffrez pour un moment que mes sens rappelés...

ANTIOGHUS.

Qu'estai donc arrivé?

a02 aODOGUKB.

Ttlfl«Â19B*

Le prince Totve nrèie...

AlfTIOCHDS.

Quoi! se voudroit-il rendre k mon bonheur eontrake.?

TIMAGÈRE.

L'ayant cherché longtemps afin de divertir L'ennui que de sa perte il pouvoit ressentir. Je Tai trouvé, seigneur, au bout de cette allée Où la clarté du ciel semble toujours voilée. Sur un lit de gazon, de foiblesse ^nda, Il sembloit déplorer ce qu'il avoit perdu; Son ame à ce penser paroissoit attacbée; Sa tète sur un bras languissamment peochëe» Immobile et rêveur, en malheureux amant >...

ANTIOGHUS*

Enfin que faisoit-il? achevez promptementA

ITIMAGÈHB.

D'une profonde plaie en l'estomac ouverte

Son sang à gros bouillons sur cette ooucbe verte. .. '

CLÉOPATRB.

Il est mort!

TIMAGèNE.

Oui, madame.

^ CUÊOPATRE.

Ah ! destins ennemis^ Qui m'enviez le bien que je m'étois promis!

i On est fâché de cette absurdité de Timagène, qui jetterait quelque ridicule sur cet événement terrible, s'il était possible d'en jeter. Peut" on dire d'un prince assassiné, qu'il est rêveur en malheureux amani sur un lit de gazon 1 Le moment est pressant et horrible. Séleucus peut avoir un reste de vie, on peut le secourir, et Timagène s'amuse à représenter un prince assassiné et baigné dans s«ii séof , cosoàm wa berger de VAairée rêvant à sa maîtresse sur une couche verte. (Y.)

s Enfin que fesait ce malheureux amant rêveur î — Monsieur^ il était mort. Cest une espèce d'arlequinade. Si un auteur hasardait aujourd'hui sur le théâtre une telle incongruité, comme on se récrierait! comme on sifflerait! surtout si l'auteur était mal voulu ; cela seul serait capable de faire tomber mit pièce nouvelle. Mais le grand intérêt qui règne daswce dernier acte, si diilérenl du 'reste, là tfenrewr'd» cette situation, et le grand nom. dt Corneille, couvrent ici tooi les défauts. (V.)

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