ACTE I, SCÈNE I. Sâl
Byzance ouvre, di&-tu, roreille à ces menées * ;
Et le peuple, anoulrenx de tovt ce i(«i me amt^
D^une croyance avMe etalMrisse ce faux bruit.
Impatient déjà de se laisser séduire *
Au premier imposteur armé pour me détruire,
Qui, s'osant revêtir de œ fantôme afiné ',
Voudra servir d*idole à son zèle charmé ^.
Mais sais-tu sous quel nom ce AobeUK bruit s*excfte *?
CBlSPS.
Il nomme HéracUus celui quMl ressuscite.
1 On ouvre l'oiteille à tiû bruit, et non i des Menées ; oti les découvre. (V.)
s Se laisser séduirte à quetqu^un n*efet plus <l*nsa|^ et au fond c'est une faute : je me suis tûissé aimer, persuader, avertir par ta^u, et non pas aimer, persuader^ étvertir à vous. (Y.)
S Peut-on se vêtir d'un fantôme 1 l'image est-elle assez juste! comment pourrait-on se mettre un fantôme sur le corps! Toute métaphore doit être une image qu'on puisse peindre. (V.) — Après avoir tourné longtemps autour de cette idée en parlant de la justesse des métaphores, voilà ce que Voltaire établit enfin comme une r^gle de goût. A une page ou deux de distance, on verra les nouveaux développements qu'il donne à cet étrange paradoxe. Nous nous contentons d'observer ici que la métaphore qu'il reprend nous semble en effet vicieuse, non parcequ'il seroit difficile ou même bnpossible de la peindre, mais parceqn'elle est beaucoup trop recherchée : on ne se fait pas un vêtement d'un fantôme, comme Tartufe se fait tm mantettu de ta religion. La métaphore de Molière est naturelle ; celle de Corneille ne l'est pas.
P.) ^ Quelles expressions forcées I Pour sentir i quel point tout cela est msA écrite mettez en prose ces vers: Le peuple est impatient de se laisser séduire au premier imposteur armé pour me détrôner, qui, s'osant revêtir d'un fantôme aimé, voudra servir d'idole à son zèle charmé. Entendra- t-on un tel langage! ne sera-t^on pas révolté de cette foule d'inoproprietés et de barbarismes! Le sévère Boileau a dit :
^ns la langae, ea tm mot, ruatenr lé plût divin ISst toujours, quoi qu'il faêse, un méchant éCritaia.
Mate ao^veitons-Bims Aussi iqoe loraqiUB Corneille (laisait les beaux morceaux du Cid, des Horaces, de Cinna, de Pompée, il était ub tÉmfrable léerivviB. <VJ
> Un bruit ne s'excite point sous ub Bom». ^Hl «tt ^Kfieil* de paMcr tBTnB*v«ejint«tse! matt qtl« tefti est néeenaftre ! {Y^
232 HÉRACLIUS
PBOCAS.
Quiconque en est Tauteur devoit mieux l'inventer. Le nom d'Héraclius doit peu m'épouvanter; Sa mort est trop certaine, et fut trop remarquable. Pour craindre un grand effet d'une si vaine fiible. II n'avoit que six mois; et, lui perçant le flanc. On en fit dégoutter plus de lait que de sang ^ ; Et ce prodige affreux, dont je tremblai dans Tame ', Fut aussitôt suivi de la mort de ma femme. II me souvient encor qu'il fut deux jours caché. Et que sans Léontine on l'eût longtemps cherché : 11 fut livré par elle, à qui, pour récompense, Je donnai de mon fils à gouverner l'enfance S Du jeune Martian, qui, d'&ge presque égal, Étoit resté sans mère en ce moment fatal. Juge par là combien ce conte est ridicule.