‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 176 sur 377 · ACTE n, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE I

Tous en fîtes rechange, et, prenant BiarUan, Vous laissâtes pour fils ce prince à son tyran; En sorte que le sien passe ici pour mon frère S Cependant que* de Tautre il croit être le père % Et voit en Martian Léonce qui n*est plus. Tandis que sous ce nom il aime Héraclius. On diroit tout cela si, par quelque imprudence. Il m'étoit échappé d'en faire confidence : Mais pour toute nouvelle on dit qu'il est vivant '; Aucun n'ose pousser Thistoire plus avant. Comme ce sont pour tous des routes inconnues S Il semble à quelques uns qu'il doit tomber des nues ; Et j'en sais tel qui croit dans sa simplicité Que pour punir Phocas Dieu l'a ressuscité *. Mais le voici.

comme il est touchant, quoiqu'il ne soit pas, à beaucoup près, aussi nécessaire que celui de Léontine. (V.)

1 Tout ce discours est un détail d'anecdotes. Comme étant la gouvernante auprès du sien n'est pas français ; en sorte que e«t t^op style d'affaire. Mais Eudoxe, en voulant éclaircir cette histoire, semble Tembrouiller. Et, prenant Martian , vous laissâtes pour jUs ce prince à Phocas son tyran, ne peut avoir de sens que celui-ci , vous laissâtes Martian pourris à Phocas. Laisser quelqu'un pourris n'est pas d'un style élégant : mais il ne s'agit pas ici d'élégance , il s'agit de clarté. Ëndoxe fait croire au spectateur que Martian a passé et passe pour fils de Phocas. L'équivoque vient de ce mot prince : vous laissâtes ce prince à Phocas. Elle entend, par ce prince, Héraclius ; mais elle ne dit pas ce qu'elle veut dire : elle devrait expliquer que Léontine a ftdt passer Martian pour son propre fils Léonce, et a donné Héraclius, fils de Maurice, pour Martian, fils de Phocas. (V.

2 Cet t7 croit être se rapporte, par la phrase, à Martian, et cependant c'est Phocas dont on parle. Dans un sujet si obscur, il est absolument nécessaire que les phrases soient toujours claires, et Eudoxe ne s'explique pas assez nettement. (T.

s Toutes ces manières de parler sont d'une familiarité qui n'est nullement convenable à la tragédie. (Y.)

4 Aucun n'ose pousser l'histoire pins avant.

Comme ce sont pour tous des routes inconnues....

expressions de comédie. Un tel style est trop rebutant. (V.)

* Ces trois derniers vers sont trop comiques : ce qui précède est une explication de l'avant- scène. Cette explication devait appartenir natu-

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