‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 194 sur 377 · SCÈNE r · texte numérisé non relu

SCÈNE r

MARTIÂN, PULCHÉRIE.

MARTI AN

le veux bien Tavouer, madame, car mon cœur A de la peine encore à vous nommer ma sœur, Quand malgré ma fortune à vos pieds abaissée, Xosai jusques à vous élever ma pensée, Plus plein d'étonnement que de timidité, J'interrogeois ce cœur sur sa témérité ; Et dans ses mouvements, pour secrète réponsa, Je sentois quelque chose au-dessus de T^nce, Dont, malgré ma raison, l'impérieux eflbrt Emportoit mes désirs au delà de mon sort.

PULCHÉRIE

Moi-même assez souvent j'ai senti dans mon ame Ma naissance en secret me reprocher ma flamme. Mais quoi! l'impératrice à qui je dois le jour Avoit innocemment fait naître cet amour : J'approchois de quinze ans, alors qu'empoisonnée * Pour avoir contredit mon indigne hyménée. Elle mêla ces mots à ses derniers soupirs : « Le tyran veut surprendre ou forcer vos désirs, « Ma fille, et sa fureur à son fils vous destine : M Mais prenez un époux des mains de Léontine ;

i La première scène de ce troisième acte a la même obscurité que tout ce qui précède ; et, par conséquent, le jeu des passions, les mou* ▼ements du cœur ne peuvent encore se déployer : rien de terrible, rien de tragique, rien de tendre ; tout se passe en éclaircissements, en réflexions, en subtilités, en énigmes ; mais Tintérét de curiosité soutient la pièce. (V.)

S Voilà ehcore une nouvelle préparation, une nouvelle aTant-scène. On n'apprend qu'au troisième acte que la mère de Pulchérie a été empoisonnée ; on apprend encore qu'elle a dit que Léontine gardait un trésor pour la princesse. Tous ces échafauds doivent être posés au premier acte, autant qu'on le peut, afin que l'esprit n'ait4>lus à s'occuper que de l'action. (V.)

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