PHOCAS, PULCHÉRIE, EXUPÉRE, AMINTAS
PHOCAS
Et toi, n'espère pas désormais me fléchir. Je tiens Héraclius, et n'ai plus rien à craindre. Plus lieu de te flatter, plus lieu de me contraindre. Ce frère et ton espoir vont entrer au cercueil,
1 Toujours monarque et marque. On ne dit pas vivre en éclat, encore moins porter la marque. ( Y.)
J Attendant que mon choix, ce n'est pas là le mot propre ; il veut dire en attendant que j'en dispose, en attendant que tout soit éclairci : du reste on sent assez que cette scène est grande et pathétique. II est yrai que Pulcbérie y joue un rôle désagréable; elle n'a pas un mot à placer. Il faut, autant qu'on le peut, qu'un personnage principal ne devienne pas inutile dans la scène la plus intéressante pour lui. (V.)
286 HÉRAOLIUS.
Et j'abattrai d'un oe«p sa tôle et ton orgueil. Mais ne te contrains peàctA dans ces rudes alarmes ; Laisse aller tes sonpârs, Isdsse cooter tes larmes i.
PULGHÊRIE.
Moi pleurer! moi gémir, tyraml Tavrots pleuré
Si quelques Iftclietés Tavoient dés(honoré,
S'il n'eût pas emporté sa gloire tout entière,
S'il m'avoit fait rougir par la moindre prière,
Si quelque infâme espoir qu'on lui dût pardonner .
Eût mérité la mort que tu lirî ^s donner.
Sa vertu jusqu'au bout ne s>est pomt démentie.
Il n'a point pris le ciel iri le sort à partie,
Point querellé le bras qui ikît ces lâches coups \
Point daigné ocmftre 4ui perdre tm juste courroux ^.
Sans te nommer ngrat, sai» trop le nommer traître^
De tous demi, de soi-même il s^est montaré le maître;
Et dans cette surprise il a bien su eoorir
A la nécessité qu'il voyoit de momir.
Je goûtois cette joie «a un sert si contraire.
Je l'aimai oomme amant, je l^ime comme fr^;
Et dans œ grttnd revers je r«i yn bvmemetft
Digne d'être mou frère, et d'être mon amant.
PHOCAS
Explique, explique mieux le fond de ta pensée; Et, sans plus te parer d'une vertu forcée, Pour apaiser le père, olfre le cœur an ^*,
1 Expression qui n'est ni noble ni Juste. Des soupirs ne vont point. Ce qui est moins noble encore, c^est l'insulte ironique faite inutil^ooMit i une femme par un empereur. TJn tyran peut être représenté perfide cruel, sanguinaire, mats jamais bas ; il J a toujours de la lâcheté à insulter une ftmune, -surtoot quand on est B<m maître absolu. (Y.)
2 On ne fait point des coaps -, <m (ât, dans le style tuniUer, fkire un mauvais coup, mais jamais faire des coups : on ne querelle point un bras; et il ii*y a ici nul bras qui ait féit un coup. Tout le reste du discours de Pulchérie serait d'une grande beauté B*il était mieux écrit.
▼.) « Puint daigné perdre un juste oororromc contre un bras ! V.) * Qwdle raison peut «voir Phocas dte vouloir que Pulchérie épb«R son fvélendtt fia, quand il ae croit Bûr de tenir Héradius en sa pinsisanowl II MltxiRtt Pttlt^érie et Héradius, cm Maitian, ne s'aiment point. Offre-t-on ainsi le eMir, ^and on est menacée de mort? [y.)
ACTH 81, BfÉXÊ m. «t
Et tàcbe à racheter m cImt bère à c» prni.
Crois-tu que sur la foi d» les I
Mon ame ose desceiiArc à de tettes iMMeases t ?
Prends mon saaff poor le sien; mais, s^ y ftiul BKm coeur,
Périsse Héraclius avec sa triste sœur!
PHOCAS
Eh bien! il va périr; ta haine en est oomplice *.
PULCHUIB.
Et je verrai du ciel bientôt cheùr ton supplice *.
Dieu, pour le réserver à ses puissantes mains, Fait avorter exprès tous les moyens humains ; Il-veut frapper le coup sans notre ministère. Si Ton t'a bien donné Léonce pour mon flrère. Les quatre autres peut-être, à tes yeux abusés, Ont été comme lui des Césars supposés.
L'État, qui, (Èms leur mort, voyoît trop sa ruine, Avôit des généreux autres que Léontine; Ils trompoient d'un barbare aisément la foreur. Qui n*avoit jamais vu la cour ni Tempereur ♦. Grains, tyran, crains encor tous les quatre peut-être : L'un après l'autre enfin se vont faire paroître ^; Et» maigre tous tes soins, malgré tout ton effM*t, Tu ne les connoltras cpi'en recevant la mort. Moi*-mème à leur défeut je serai la conquête De quiconque à mes pieds apportera ta tête; L'esclave le plus vil qu'on puisse imaginer*
1 Ose est ici contcadictoire ; on n'ose pas êtxe bas. (V.)
s Autre impropriété ; on est complice d'an crimind, complice d'un
cnme, mais non pas de ce que queiqu'um va périr. {Y.) S Choir n'est plus (Rasage. Cette idée est grande, mais n^est pas
exprimée. (Y.)
* Par la phrase, c'est la fureur de Phocas qui n'avait point tu Maurice ; il faut éviter les pl»s petites amphibologies. Mais peufr-on dire d'un hoamne qui commandait les armées, qn'il n'avait JamaJs seulement vu TMopereur? (V.)
S C'est un barbarisme ; on se ftiit voir, on ne se fait point paraître ; la rainon en. es* évidente, c'est qu'on paraît soi-même, et ^e ce sont les* autres qui vous -voient. ( T.)
• Csl hémistidie, qv^om puttss tmafftkevy est snperite, et sert uniquement à la rime. Quelle idéeaPvldiéiiecrépoiiser leé
288 HÉR^CUUS.
Sera digne de moi, s'il peet fassassioer.
Va perdre Héraciius, et quitte la pensée
Que je me pare ici d'une vertu forcée ;
Et, sans m'importuner de répondre à tes vœux t^
Si tu prétends régner, défais-toi de tous deux.