ACTE IV, SCENE IL
Seigneur.
PHOCAS
Je sais pour lui quelle est ton amitié ; Mais je veux que toi-même, ayant bien tu son crime, Tiennes ton zèle injuste, et sa mort légitime.
( aux gardes. )
Qu'on ïe fasse venir. Pour en tirer Taveu *
Il ne sera besoin ni du fer ni du feu.
Loin de s'en repentir, Torguei lieux en fait gloire.
Mais que me diras-tu qu'il ne me faut pas croire ? Eudoxe m'en conjure, et l'avis me surprend. Aurois-tu découvert quelque crime plus grand ?
HÉRACLIUS
Oui, sa mère a plus fait contre votre service Que ne sait Exupère, et que n'a vu Maurice.
PHOCAS
La perfide ! Ce jour lui sera le dernier». Parle.
HÉBACLTUS.
J'achèverai devant le prisonnier.
Trouvez bon qu'un secret d'une telle importance. Puisque vous le mandez, s'explique en sa présence.
PHOCAS
Le voici. Mais surtout ne me dis rien pour lui.
1 Pour en tirer Vaveu est une faute ; cet en ne peut se rapporter qu'à Martian, dont on parle ; mais en tirer Vaveu signifie tirer Vaveu de quelque chose : il fallait donc dire quel est cet aveu qu'on veut tirer. (V.) — Phocas vient de parler du crime dont il suppose Martian coupable : c'est l'aveu de ce crime qu'il espère tirer de lui, sans qu'il soit besoin, comme il le dit , ni du fer ni du feu. Le sens nous paroît très clair, et le mot crime n'est pas assez éloigné pour laisser aucun doute sur ce que Corneille a voulu dire. (P.)
t Cela n'est pas français : Ce jour est mon dernier jour, et non pas m'est le dernier jour. (V.)
298 HÉKACLIUS.