‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 211 sur 377 · ACTE iy> SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE iy> SCÈNE III

iMdauii.

Donnez-vous à Terreur encor quelque crédH?

HÉRACUOa, èMartUn.

Ami, rends-moi mon nom : la bieur n^est pas grande i ; Ce n'est que pour mourir que Je le le deiiHttdft. Reprends ce triste jour <|ue Ui m?aa raebeté» Ou rends-moi cet bonneur q/m bi Waa pFefif|oe (^

VABTIÀR,

Pourquoi, de mon tyran vokMitaire vktine» Précipiter vos jours pour me n^icit d'un erûne f Piince, qui que je sois» j'ai oonspiré sa mort» Et nos noms au dessein donnent un divers sort). Dedans Héraclius il a gloire solide'»

Et dedans Martian il devient parricide.

Puisqu'il faut que je meure illustre, ou crimiiiel\ Couvert ou de louange, ou d'opprobre étemel*, Ne souillez point ma mort^ et ne veuillez pàs taire Du vengeur de l'empire un assassin d'un pèse.

HSBAGLIUS,

Mon nom seul est coupable \ et, saas plus disputer. Pour te faire innocent tu n'as qu'à le quitler. Il conspira lui seul, tu n'^a es fK^t complice^.

1 là le diakiKtte s» lelève et s'écbaoffe ; voilà du tragique. (Y.)

s Ce vers est obscur, parceqoe sfHrt s'est pas le jbxA propre ; il veut dire, nos uùjm mettent nne grande diférenee dan» notre action; mais cette difiercBce n'est pas le tort. (V.)

S iZ a gloire n'est pas peroois dans le style noble ; il devait dire, /fesl dans Méraoliiu une gloire solide. { Y.)

* Illustre n'est paa opposé à criminelt parcaqu'oa peut être un criminel illustre. (Y.)

s Ceavert oa de loaMng», oh iPepproWe élemel ,

n'est pas ftrançais ; il faut , d^n opprobre étemel. D'opprobre est ici ■absolu, et ne soufftv point d'épithète ; et on ne peut dire couvert de louange^ comme on dit, couvert de gloire, de lauriers, d'opprobre, de honte. Pourquoi î c'est qu'en effet la honte, fa gloire, les lauriers, seaMsi^envicoMMc un hovune, le cowrrtr: la glaire couvse de ses ràyoam; les lauriers couvrent la. tke ; la honte, la loug^nr, couvrait le visage; Biais la loaaage ne couvée pas. (Y.)

4 Cest là, ce me semble, une très noble hardiesse d'expiesfrioB. (Y.^

"^ On ne peut pas dire qu'un nom a csnapiré* Tn n'en ee peint aomplice est une petite faute. {Y.

504 HÉRACLIUS

Ce n'est qu'Héraclius qu'oo envoie an supplice : Sois son fils, tu vivras.

MÀRTIAIV.

Si je Tavois été, Seigneur, ce traître en vain m'auroit sollicité; Et, lorsque contre vous il m'a fait entreprendre!, La nature en secret auroit su m'en défendre.

HÉRACLIUS

Apprends donc qu'en secret mon coeur t'a prévenu. J'ai voulu conspirer, mais on m'a retenu ; Et dedans mon péril Léontine timide...

MARTI AN

N'a pu voir Martian commettre un parricide.

HÉRACLIUS

Toi, que de Pulchérie elle a fait amoureux. Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux'. Elle a rendu pour toi l'un et l'autre funeste, Martian parricide, Héraclius inceste.

Et n'eût pas eu pour moi d'horreur d'un grand forfait >, Puisque dans ta personne elle en pressoit l'effet. Mais elle m'empêcboit de hasarder ma tète, Espérant par ton bras me livrer ma conquête.

t Ce verbe entreprendre est actif, et veut ici absolument un régime. On ne dit point entreprendre pour conspirer.

N. B. C'est parler très bien que de dire : Je sais méditer^ entreprendre, et agir, parceque alors entreprendre^ méditer, ont un sens indéfini. II en est de même de plusieurs verbes actifs , qu'on laisse alors sans régime : il avait une tête capable d'imaginer, un cœur fait pour sentir, un bras pour exécuter ; mais, f exécute contre vous, f entreprends contre vous y j'imagine contre vous ^ n'est pas français. Pourquoi t parceque ce défini contre vous fait attendre la chose qu'on imagine, qu'on exécute, et qu'on entreprend ; vous ne vous êtes pas expliqué. Voyez comme tout ce qui est règle est fondé sur la nature.

î Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux ,

n'est pas français ; il faut un de. Juger ^ avec un accusatif, ne se dit que quand on juge un coupable, un procès ; on juge une action bonne ou mauvaise. De plus, ce vers est obscur : Juge ton dessein et tes /eux sous les deux noms, (V.)

» Pour moi n'est pas français, ainsi placé ; il veut dire ; N'eût pa* eu horreur de me rendre parricide. (V.)

Page 1