‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 213 sur 377 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

PHOCAS, HÉRACLIUS, MARTIAN, CRISPE, EXUPÈRE, I^NTt!fE.

CBISPS, àPlMeas.

Seigneur, ma diUgeooe emûa a réussi; Tai trouvé Léentiae et je Tamèoe ki.

PSOCAS, àLéoBliw.

Approche, malheureuse.

■ÉKACUUS, âLéviHwe.

Atodce tout, iidiiue.

Xai tout dit.

LÉONmiB , A Oémclw*.

Quoi, «eii^eur?

i>aOGA«,

Tu ^ignores, infâme !

Qui des deux «ut mou fils? •

uBOnniii. Qm vous en fait douter T

irtUAGUltt^ A Umâ'mei,

Le nom d'HécucUus ^ue sou fils veut purkat : U en croit ce bilUtet wtre léuMiiguage; liais ne le laissez pas <Jbu6 ren«ur4avuDtafe.

N'attends pas las lounnenis, ne me déguise rien.. Bfas-tu livré ton fils ? as-4n changé le sûeu ?

UÉOOTnUL

Je f ai livré mon fils ; et j'eu aine la gloire. Si je parle du reste, oseras-tu ui*eu croire t Et qui t'assurera que pour HéracUns, Moi qui t*ai tant trompé, je ne te trompe plus?

1 Toute cette scène de Léontine est très belle en son genre ; «%r Liéontine dit tout ce qu'elle doit dire, et le dit de la manière la plus imposante. La seule chose qui puisse faire de la peine, c'est que cette Léontine, qui semblait, dès le second acte, conduire l'action, qui voulait qu'on se reposât de tout sur elle, n'agit point dans la pièce ; et c^est ce que nous examinerons, surtout au cinquième acte. T.)

308 HÉRAGLIUS.

PHOCAS

N'importe, fais-nous voir quelle haute prudence En des temps si divers leur en fait confidence, À Tun depuis quatre ans, à Tautre d'aujourd'hui.

LÉONTINE

Le secret n'en est su ni de lui, ni de lui;

Tu n'en sauras non plus les véritables causes :

Devine, si tu peux, et choisis si tu Toses.

L'un des deux est ton fils, l'autre est toii empereur. Tremble dans ton amour, tremble dans ta fureur. Je te veux toujours voir, quoi que ta rage fasse, Craindre ton ennemi dedans ta propre race, Toujours aimer ton fils dedans ton ennemi, Sans être ni tyran, ni père qu'à demi. Tandis qu'autour des deux tu perdras ton étude, Mon ame jouira de ton inquiétude :

Je rirai de ta peine, ou, si tu m'en punis. Tu perdras avec moi le secret de ton fils.

PHOCAS

Et si je les punis tous deux sahs les connoltre, L'un comme Héraclius, l'autre pour vouloir l'être ?

LÉONTINE

Je m'en consolerai quand je verrai Phocas €roire affermir son sceptre eu se coupant le bras. Et de la même main son ordre tyraunique^ Venger Héraclius dessus son fils unique.

PHOCAS

Quelle reconnoissance, ingrate, tu me rends Des bienfaits répandus sur toi, sur tes parents, De t'avoir confié ce fils que tu me caches, D'avoir mis en les mains ce cœur que tu m'arraches, D'avoir mis à tes pieds ma cour qui l'adoroit ! Rends-moi mon fils, ingrate.

LÉONTINE

Il m'en désavoueroit; Et ce fils, quel qu'il soit, que tu ne peux connoltre,

l Un ordre n'a point de main, et la phrase est trop incorrecte : Je verrai Phocas se couper le braSf et son ordre venger Héraclius de la mime main! (V.)

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