‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 247 sur 377 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ARSINOÉ, a.ÉONE.

CLÉONE

Vous lui cachez, matlame, un dessein qui le touche!

ABsmoÉ.

Je crains^ct^'en rapprenant son cœur ne s'effarouche; ie crains qu'à ta verlu pur les Boioâins instruit^ De ce qoe je (irépare il ne m'ôte le fruit. Et ne conçinve mal qu'il n'est fdurbe ni crkne Q'un trône acquis par là ne rende* légitime *.

CbEOI^E.

Xaurois cru tes Romains un peu moins scrufulenx. Et la mort d^Aimîbal m'eût Lit mal juger d'eux.

ARsmoÉ.

Ne leur impute pas une telle injustice; Un EoniaÂn seul l'a Ciiie^ et par mon aetifiee. Borne l'eût laissé vivre, et sa légalité > ITeftt point foreé te» fois de l'hospitalité. Savante à ses dépens de ce qu'il savoit fofre ',

i Ces deniiere vers sont de la conversation la plos még ligée, et ce sentiment est ialolérable. On retrouve te même défest toutes les fois que Corneille faic rai8«>mieT un prinee, un ministre : tons disent qn'il Cerait être Tourbe et mécfamit pour régner. On a d«j a» remarqué que jrmais^omme d'Et^ ne parle ainsi. Ce défoitt vi«ntde se qu'il est tn's difficile de ménager ses expressions, et de faire entendre avec att des choses qui révoltent. C'est une grande imprudence et une gmnde bassesse dans une reine, de dife q^'il faut être fourbe et criminel pour régner. Vn trône aeqttispar là est une expression de comédie. (V.)

< Légalité n'a jamais signifié justice., équité, magnanimité; il sigtâA^ authenticité tPune loi revêtue des /ormes ordinaires. {V.\

•8 Savante de est un barbarisme: savante, savait^ répétition fau'* tive. (V.)

564 NICOMEDE

Elle le souffroit mal auprès d*un adversaire; Mais quoique, par ce trisle et prudent souvenir. De chez Antiochus * elle Tait fait bannir, Elle auroit vu couler sans crainte et sans envie Chez un prince allié les restes de sa vie. Le seul Flaminius, trop piqué de TalIVont Que son père défait lui laisse sur le front; ' Car je croîs que lu sais que, quaud Taigle romaine * Vit choir ^ ses légions au bord du Trasimène, Flaminius son père en était général *, Et qu'il y tomba mort de la main d*Annibal ; Ce fils donc, qu'a pressé la soif de la vengeance *, S'est aisément rendu de mon intelligence^ : L'espoir d'en voir l'objet ' entre ses mains remis

1 Expression trop basse, de chez lui, de chez nous. (V.) 1 Tout écrivain doit éviter ces amas de monosyllabes qui se Heurtent, car^ que^ quand : mais ce qu'on doit le plus éviter, c'est de dire sa confidente ce qu'elle sait; ce tour n'est pas assez adroit. (V.)

3 Choir, expression absolument vieille. (V.)

4 Corneille donne ici, contre la vérité historique, l'exemple d'unr licence, qui, à ce que nous croyons, ne doit jamais être imitée. Le Flaminius qu'il introduit dans sa pièce n'étoit point du tout, comme il le suppose, fils du général qui fut vaincu, et qui périt à la journée do Trasimène. Ces deux Flaminius^n'avoient pas même une origine commime. Celui qui combattit contre Annibal se nommoit Caius Flaminius, et sa famille étoit plébéienne ; l'autre, patricien de naissance, se nommoit Titus Qirintus, et fut en effet député à la cour de Prusias. pour y demander, au nom des Romains, Annibal, qui s'étoit réfugié chez ce prince. Corneille, quoique très instruit, fut trompé, selon toute apparence, par la conformité des noms ; et ce qui nous le persuade, c'est que, lorsqu'il se permet de donner volontairement quelque atteinte à la vérité de l'histoire, il ne le dissimule jamais dans l'examen de ses pièces, et qu'il y rend compte des motifs qui ont pu l'autoriser à se donner cette licence; mais on ne trouve rien, ni dans la préface, ni dans l'examen de Nicomède, qui prouve que Corneille ait cni prendre ici quelque liberté. (P.)

8 Cacophonie qu'il faut éviter encore, donc qu'a, (V.)

^ S'est aisément rendu de mon intelligence

n'est pas français ; on est en intelligence, on se rend du parti de quelqu'un. (V.)

f II faut un effort pour deviner quel est cet objet : c'est, par I» phrase, l'objet de leur intelligence ; par le sens, c'est Laodice. La pre-

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