ACTE I , SCENE V
A pratiqué par lui le bonheur de mon Gis; Par lui j'ai jelé Rome en haute jalousie • De ce que Nicomède a conquis dans PAsie, Et de voir Laodice unir tous ses États, l'ar Phymen de ce prince, à ceux de Prusias : Si bien que le sénat prenant un jusle.ombragc D'un empire si grand sous un si grand courage, Il s'en est fait nommer lui-même ambassadeur «, Pour rompre cet hymen, et l)orner sa grandeur; Et voilà le seul point où Borne s'intéresse ^,
CLÉONE
Attale à ce de sein entreprend sa maîtresse ^ ! Mais que n'agissoit Rome avant que le retour
mière loi est d'être clair ; il ne Taut jamais y manquer. ( V ) — Voltaire se trompe évidemment. Objet ne se rapporte point à Laodice, mats à vengeance^ qui n'est pas assez loin pour jeter la moindre obscurité sur la phrase. Flaminiiis espéroit de voir Yobjet de sa vengeauctt ( Annibal, qui a tué son père) remis entre se» mains: tel est le sens très.clair de Corneille. |P.) .
1 Par lai j'ai jeté Rome en haute jalousie
n'est pas français; on inspire de la jalousie, on la faitn<nitre : la jalousie ne peut être haute ; elle est grande, elle est violente, soupçonneuse, etc. (V.)
s Cet il se rapporte au prince Attale ; mais il çn est trop loin : cela rend la phrase obscure, de même que borner sa grandeur : il semble que ce soit la grandeur de l'hymen. Les articles, les pronoms mal placés, jettent toujours de l'embarras duns le style c'est le plus grand inconvénient de la langue française, qui est d'ailleurs si amie de la clarté. (V.j — Autre inadvertance du même genre. Cet il ne peut se rapporter qu'à Flaminius, qui s'est fait nommer ambassadeur à la cour de Prusias. (P.)
3 Pourquoi Arsinoé dit-elle tout cela à une confidente inutile! Cléopâtre, dans Jiodogtine, tombe dans le même défaut. La plupart des confidences sont froides et déplacées, à moins qu'elles ne soient nécessaires : il faut qu'un personnage paraisse avo.r besoin de parler, et non pas envie de parler. ( Y )
* On entreprend de faire quelque chose, ou bien on entreprend quelque chose ; mais on n'entreprend p< s quelqu'un : cela ne se pourrait dire à toute force que dans le bas comique, et encore c'est dans un autre sens; cela veux dire attaquer, demander raison^ embarrasser, faite querelle. Ce vers n'est pas français. ( Y.)
566 NICOMËDB.
De cel amant si cher affermtt sou araoïur? .
ABSINOE.
Irriter un vainqueur en UHe d'uiie armt^ Prête à suivre en tous lieux sa colère allumée, C'étoit trop hasarder; et j^ai cru pour le mi<;ux • Qu'il falloit de son fort l'attirer en ces lieux. Métrohate l'a f lit, par des terreurs paniques *, Feignant «le lui iraliir mes ordres tyrauniques'; Et, pour l'assassiner se disant suborné. Il Ta, grâces aux dieux, doucemcnl amené. Il vient s'en plaindre au roi, lui demander justice; Et sa plainte le jette au bord du précipice. Sans prendre aucun souci de m'en justifier, .le saurai m'en servir à me fortifier.
Tantôt en le voyant j'ai fait de l'effrayée *, J*ai changé de couleur. Je me suis écriée : Il a cru iRe siuri^reodre, et l'a cru bien en vain. Puisque son netour mène «st l'œuvre de eosà mam^
• GLBOfîB.
Mais quoi que Borne fasFe, et qu*Attale prétende. Le moyen qu'à ses yeux Laodice se vernie f
Et je n'engage anssi mam fils «n «et aoioor Qu'à dessein d'éblouir le roi, Rome et la cour.
3e n'en veux p^as, Clémie, an t^œfitre d'Amène : Je cherche à m'assurer ceflui de Ifôtfiyoie: Et, si ce diadème une fbis est à notts^. Que celte reine après se choisisse un éponx« Je ne la vain presser que ptMU* la voir iH^belle, Que pour aigrir les oœui« 4e »m nmaM m d'iôUe.
I Pour le mieux ^ exfvessUm de comédie. IV.]
t L'a/ailt et terreurs pamqmes^ «xpressiiaou 4)ui B'otttiien denoMe.
t Feigoant de lui trahir aios «rdves iyitimiiyiei
est un barbarisme : il faut de lui dévoiler, de lui déceler^ de lui apprendre, de trahir mes ordres tyranuiqurt en itt faveur. (T.)
^ Les comédiens ont corrigé» fai/nnt d'être eff)ayêe; mats la chose n'est pas moins petite et muins indigne de la grandeur da tragique.
* Cet une fois est une explétive trep ti1<viaile. |Tw)