SCÈNE III
PROSÎAS, mCOSEÈDE, FLAMINIUS, ARASPE.
FLÀMIMIU8.
. Sur le point de partir, Rook, seigneur, me grande " Que je TOUS fasse eiioor pour elle une demanée.
Elle a nourri vingt ans un prince votre lils ; Et vous pouvez juger des soins qu'elle en a pris Par les hautes vertus et les illustres marques ^ Qui font briller en lui le sang de vos monarques. Surtout il est instruit en Tart de bien régner : Cest à vous de le croire, et de le témoigner. Si vous faites état de celle nourriture ^ , Donnez ordre qu'il règne : elle vous en conjne; Et vous offenseriez Testime qu'elle en fait*
t PnMias Teut aurai ndllet. Cette pièce est trop pleiae de railleries et d'ironies. (V.) >
t Ce dernier hémistiche est absolument da sigrte d« la comédie. ( V. >
s Ce ^ners est trop lamilivr : mats à quoi se- rafiporte cet ordre? à Vambmeteukitr, à Voutrage, on A Véqnipaçe! (V.)
* ntustn» marques : os a déjà plasiems foi» remarqué ce mot rag«e qui n*esC que poar la rime. (Y.)
^ N&urtiture est ici pour éducation; et, dans ce sens, il ne se dit ]^Qt : c'est peut-être use perte pour notoe langue. Faire état est aussi aboli. (V.)
Oa ne fait point de l'estime; cela n*a jaMsis été français : on a de l'estime, on conçoit de Testime, on sent derédtime ; et fc'Mt ptédsément parceqn*on Ta sent qu'on ne la fait pas. Par la mime ratem oWseat de ramMir, de rvsMé\ on ne fait ni de l'amovr ni de Famitié. (Y.) — On a dit longtemps, et on pourroit dire en«c««, du moins è ce f^\ ao«»
r>T6 NICOMEDE.
Si vous le laissiez vivre et mourir en sujet. Faites donc aujourd'hui que je lui puisse dire Où vous lui destinez un souverain empire.
PRUSIAS
Les soins qu'ont pris de lui le peuple et le sénat
Ne trouveront eu n^oi jamais un père ingrat :
Je crois que pour régner il en a les mérites *,
Et n'en veux point douter après ce que vous dites;
Mais vous voyez, seigneur, le prince son aine,
Dont le bras généreux trois fois m'a couronné ;
Il ne fait que sortir encor d'une victoire;
Et pour tant de hauts faits je lui dois quelque gloire :
Soutirez qu il ait l'honneur de répondre pour moi'.
!ieiah]ej je n'en fais pas beaucoup (V estime. Mais, dit Voltaire, on ne fait pas ce que Top sent. Ce qu'il établit en ioi générale est souvent démenti par l'usage : on dit tous les jours, sans blesser la langue, /atrramitié, faire l'amour; et l'usage, comme Ton sait, est plus impérieux que les règles. ( P.)
1 Ni ces expressions ni cette construction ne sont françaises; il en a les mérites pour régner ! (V.)
î Le roi Prusias, qui n'est déjà pas trop respectable, est peut-être encore plus avili dans cette scène, où Nicomède lui donne, en présence de l'ambassadeur de Rome, des conseils qui ressemblent souvent à de» reproches. Il est même assez étonnant que, connaissant la fierté de sou Als, et sachant combien ce disciple d'Annibal hait les Romains, il le charge de répondre à l'ambassadeur de Rome, qu'il croit avoir grand intérêt de ménager. Prusias n'a nulle raison de répondre à l'ambassadeur par une autre bouche, et il s'expose visiblement à voir l'ambas- •adeur outragé par Nicomède. Il a commencé par dire à son fila : Vo%is *'tes criminel d*État, vous méritez d'être, pv^ni de mort; et il finit par lui dire : Répondez pour moi à l'ambc^à^dcur de Home en- ma présence; faites le personnage de roi, tantlisiqueje ferai celui de subalterne. C'est au fond une scène de laZ2i : passe encore si cette scène C'ait nécessaire; mais elle ne sert à rien. Prusias joue un avilissant rôle; mais celui de Nicomède est noble et imposant. Ces personnages plaisent toujours à la multitude, et révoltent quelquefois les honnêtes gens. C'est toujours un problème à résoudre, si les caractères bas et faibles peuvent figurer dans une tragédie. Le parterre s'élève contre eux à une preniitTe représentation : on aime à faire tomber sur l'auteur \ le mépris que lui-même inspire pour le personnage; les critiques se déchaînent: cependant ces caractères sont dans la nature; Maxime dans Cinna, Félix dans Polyeucle,