ACTE II, SCÈNE IIL
Qu^il règne ayec éclat sur sa propre conquête. Et que de sa victoire il couronne sa tête. Je lui prête mon bras, et veux dès niaio(eBaiit„ S'il daigne s*en servir, être son lieulenant. L^exemple des Bomains m'autorise à le faire ^ ; Le fameux Scipion le fut bictn de son Crète; El lorsque Ânliochus ftit pir eux détrôné» Sous lès lois du plusjuuue on vit marcher Talné. Les bords de rHellesp<int, ceux de la mer Egée, I^ reste de TAsie à nos côtés rangée >, Offrent une matière à son ambition...
FLAMINUJS.
Rome prend tout ce reste en sa protectisa; Et vous n*y pouvez plus étendre vas conquête» Sans attirer sur vous d*effroyal»ies tempêta».
NICOMiDE.
Tignore sur ce point les volontés du roi : Mais peut-être qu'un jour je dépendrai de moi ; Et nous verrons alors relTet de ces meuaces. Vous pouvez cependant faire munir ces.pla«eSi^ Préparer un obstacle à mes nouveaux desseins, Dis|>oser de lK>nne heure un secours de Romains; Et si Flaminius en est le capitaine ',
«ym«tf, qui n'est qu'à un vers de distance! Ne croiroit-on pas que Voîtaire, au lieu d'éclaireir le texte ( ce qui étoit le devoir d'un commeti- Cateur^, se plaisoit au contraire à Teiirtirouillerf (P.)
1 On a déia dit q«e cette expression ne doit juni^ être adnrise : •elle est ici vicieuse, parceque le faire se rapporte à iVrtt et si^pUfie h la lettre, /aire son lieutennnt. (V.)
> Voltaire, après avoir lu dan» une mauvaise édition Le reste de F Asie 4 nos côtes rangée, critique ce vers de la manière suivante : uOn dit ranger Us êôUs, mais non rangée aux côtes, pour située; c'est un barbarisme. »
* Ce n'est pas le même Flaminius , mai» rinsitUo n'es* est pas moindre. (V.) — L'ambassadeur Flaminius n.'est pas, à la vérité, le Aïs de ce Flaminius qui combattit si malheureusament àTrasim^ae, et c'est ce que Voltaire auroit dû expliquer pitw tôt et plus^clBirement : mais le spectateur le supp'«se avec Corneille ;.et, si. l'en» admet la supposition, rir/)uie devient noa*>8eulement atcaMaate,, mai» nens n'en connoissons pas dans notre langue qui ait autant de tvfmtX» noblesse. P.)
580 NICOMEDE
Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimène.
PRUSIAS
Prince, v4MK«imsez trop tôt de ma l)onté : Le rang d'ambassadeur doit être res|)ecté ; El l'honneur souverain qu'ici je vous défère...
NICOHÈDE.
Ou laissez-moi parler, sire, ou faites-moi taire i. Je ne sais point répondre autrement pour un roi A qui dessus son trône on veut faire la loi.
PRUSIAS
Vous m^offensez moi-même en parlant de la sorte, Et vous devez dompter Tardeur qui vous emporte.
NlCOMÈDE.
Quoi î je verrai, seigneur, qu'on Iwrne vos États,
Qu'au milieu de ma course on m'arrête le bras,
Que de vous menacer on a même l'audace.
Et je ne rendrai point menace pour menace!
Et je remercierai qui me dit hautement
Qu'il ne m'est plus permis de vaincre impunément !
PRUSIAS , i Flaminius.
î)eigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge* ; l,e temps et la raison pourront le rendre sage ^.
NlCOMÈDE.
La raison et le temps m'ouvrent assez les yeux, Et l'âge ne fera que me les ouvrir mieux. Si j'avois jusqu'ici vécu comme ce frère, Avec une vertu qui fût imaginaire Car je l'appelle ainsi quaud elle est sans effets ; Et l'admiration de tant d'hommes parfaits Dont il a vu dans Rome éclater le mérite, N'est pas grande vertu si l'on ne les imite); Si j'avois donc vécu dans ce même repos Qu'il a vécu dans Rome auprès de ses héros,
1 II est clair qu'il n'y a pas de milieu; le sens est : pnUque voua m'avtz fail répondre pour vous, laissez-moi parler. (V.)
< Chaleurs de son â^tf, mauvais terme. (V.)
3 Cest ce qu'on dit à un enfant mal morigéné • ce n*est pas ;iinsi qu'on parle 4 un prince qui a conquis trois royaumes; et, si ce jeune )iomme n'est pas sage, pourquoi Prusias l'a-t-il chargé de parler pour IttitiV.)