‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 278 sur 377 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PRUSIAS, ARSINOÉ, NICOMÈDE, ARASPE, gardes.

ARSINOÉ

Grâce, grâce, seigneur, à notre unique appui ! Grâce à tant de lauriers en sa main si fertiles! Grâce à ce conquérant, à ce preneur de villes! Grâce...

NICOMÈDE

De quoi, madame * ? est-ce d'avoir conquis Trois sceptres, que ma perte expose à votre fils? D'avoir porté si loin vos armes dans l'Asie, Que môme votre Rome en a pris jalousie? D'avoir trop soutenu la majesté des rois? Trop rempli votre cour du bruit de mes exploits? Trop du grand Annibal pratiqué les maximes? S'il faut grâce i>our moi, choisissez de mes crimes; Les voilà tous, madame; et si vous y joignez D'avoir cru des méchants par quelque autre gagnés, D'avoir une amc ouverte, une franchise entière. Qui, dans leur artifice, a manqué de lumière, C'est gloire et non pas crime à qui ne voit le jour Qu'au milieu d'une armée, et loin de votre cour. Qui n'a que la vertu de son intelligence ',

i Grâce à ce conquéraal, « ce preneur de villes !

Grâce... — De quoi , madame? etc.

Cest encore ici de Tironie. Nicomède ne doit pas répondre sur le même ton, et ne faire que répéter qu*il a pris des villes. ( V.)

* Cela veut dire qui ne s'entend qu'avec la vertu; mais cela osl très mal dit : il semble qu'il n'ait d'autre vertu que Vintelligence. ( V.)

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