PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE
t>BUSIA8.
Faites venir le prince, Araspe.
( Ampe rentre. )
Et VOUS, madame, Retenez des soupirs dont vous me percez Tame. Quel besoin d'accabler mon cœur de vos douleurs. Quand vous y pouvez tout sans le secours des pleurs? Quel Itesoin que ces pleurs prennent votre défense? Douté-je de son crime ou de votre innocence? Et reconnoissez'vous que tout ce qu'il m'a dit Par quelque impression ébranle mou esprit?
ARSINOÉ
Ah ! seigneur, est-il rien qui ré|>are Tinjure
Que fait à Tinnocence un moment d'imposture?
Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté
Pour rendre à la vertu toute sa pureté ?
Il en reste toujours quelque indigne mémcnre
Qui porte une souillure à la plus haute gloire.
Combien en voti'e cour est-il de médisants?
Combien le prince a-t-il d'aveugles paitisans.
Qui, sachant une fois qu'on m'a calomniée»
Croiront que votœ amour m'a seul justifiée ? " El si la moindre tache ea demeure à mon nom, ' Si le moindre du peuple en conserve un soupçon,
1 Ârsinoé joue précisément 1« vole de la femme du Malade imagi-^ naire^ etTrusias celui du rnniaée qui croit sa ft^mme. Très souvent des se» nés tragiques ont ,1e même fond que des scènes de contée»; c'est alors qu'il faut fiiire |es p'ips grands efforts pour fortifier par le style la faiblesse du sujet. On ne peut cacber entièrement le ^flmt, mais on Tome, on l'embellit par le chaime de la poétie : ainsi dana MithridaUy dans BHtannieuiy etc. (V.)
408 NICOMEDE
Suis-je digne de vous ? et de telles alarmes ' Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes?
Ah I c*est trop de scrupule, et trop mal présumer D'un mari qui vous aime, et qui vous doit aimer. La gloire est plus solide après la calomnie, Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie. Mais voici Nicomède, et je veux qu'aujourd'hui...