NICOMEDE
ARSINOÉ
Vous qui savez son crime, ordonnez de sa peine.
LAODICE
Un peu d'abaissement sufllt pour une reine : C'est déjà trop de voir son dessein avorté.
ARSINOÉ
Dites, pour ciiâliment de sa témérité.
Qu'il lui faudroit du front tirer le diadème i.
LAODICE
Parmi les généreux il n'en va pas de même; Ils savent oublier quand ils ont le dessus, Et ne veulent que voir leurs ennemis confus.
ARSINOÉ
Ainsi qui peut vous croire, aisément se contente.
LAODICE
Le ciel ne m'a pas fait Tame plus violente -.
ARSINOÉ
Soulever des sujets contre leur souverain , Leur mettre à tous le fer et la flamme en la main , Jusque dans le palais pousser leur insolence, Vous appelez cela fort peu de violence ?
LAODICE
Nous nous entendons mal, madame; et, je le voi,
Ce que je dis pour vous, vous l'expliquez pour moi s. •
Je suis hors de souci pour ce qui me regarde;
Et je viens vous chercber pour vous prendre en ma garde.
Pour ne hasarder pas en vous la majesté *
1 Tirer un diadème du front ! (V.)
2 Voici encore, au cinquième acte, dans le moment où l'action est la plus vive, une scène d'ironie, mais remplie de beaux vers : Laodice, en qualité de chef de parti , au lieu de venir braver la reine sous le /rivolc prétexte de la prendre sous sa protection, devrait veiller plun soigneusement à la suite de la révolte et à la sûreté du prince qu'elk* appelle son époux : elle vient inutilement; elle n'a rien à dire à Arsinoé. Ces deux femmes se bravent sans savoir en quel état sont leurs affaires ; mais les scènes de bravade réussissent presque toujours au théâtre. (V.)
3 Ces méprises entre deux reines, ces équivoques, semblent bien peu «lignes de la tragédie. (V.)
* Hasarder une majesté au manque de respect ! Encore s'il y avait