ACTE V, SCENE \ I. i
Au manque de respect d'un grand peuple irrité. Faites venir le roi, rappelez votre Attale; Que je conserve en eux la dignité royale : Ce peuple en sa fureur peut les connoître mal.
ARSINOÉ
Peut-on voir un orgueil à votre orgueil égal î Vous, par qui seule ici tout ce désordre arrive; Vous, qui dans ce palais vous voyez ma captive; Vous, qui me répondrez au prix de votre sang De tout ce qu'un tel crime attente sur mon rang; Vous me parlez encore avec la môme audace Que si j'avois besoin de vous demander grâce!
LAODICE
Vous obstiner, madame, à me parler ainsi.
C'est ne vouloir pas voir ([ue je commande ici,
Que, quand il me plaira, vous serez ma victime.
Et ne m'imputez point ce grand désordre à crime :
Votre peuple est coupable, et daiis tous vos sujets
Ces cris séditieux sont autant de forfaits;
Mais pour moi, qui suis reine, et qui, dans nos querelles.
Pour triompher de vous, vous ai fait ces rebelles, •
Par le droit de la guerre il fut toujours permis
D'allumer la révolte entre ses ennemis ;
M'enlever mon époux, c'est vous faire la mienne.
Arsinoé.
.le la suis donc, madame; et, quoi qu'il en avienne, Si ce peuple une fois enfonce le palais. C'est fait de votre vie, et je vous le promets.
LAODICE
Vous tiendrez mal parole, ou bientôt sur ma tombe
Tout le sang de vos rois servira d'hécatombe.
Mais avez-vous encor parmi votre maison
Quelque autre Métrobate, ou quelque autre Zenon ?
jS'appréhendez-vous point que tous vos domestiques
Ne soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques? '
En savez-vous quelqu'un si prêt à se trahir,
Si las de voir le jour, que de vous obéir?
exposer! Ce ne sont point là les pompeux solécismes que Boileau réprouve avec tant de raison, ce sont de très plats solécismes. (V.)
4Ô4 . NICOMEDE
Je ne veux point régner sur votre Bithynie : Ouvrez-moi seulement les chemins d^Armrâie; Et, pour voir tout tl'un coup vos malheurs terminés, Rendez-moi cet époux quV.n vain vous retenez.
AHSrNOÉ.
Sur le chemin de Rome il vous faut Piller prendre; Flaminius Ty mène, et pourra vous le rendre : Mais hâtez -vous, de gi'ace, et faites bien ramer, Car déjà sa galère a pris le large en mer *.