ACTE m, SCÈNE II. 5H
Me voulez-vous, soigneur ? ne me voulez-vous pas' ? Parlez : que volœ choix règle ma destinée, Suis-je encore à Tépoux à qui Ton m'a donnée? Suis-je à Sertorius? C*esl assez consulté : Rendez-moi mes liens, ou pleine lil)erté...
POMPÉE
Je le vois bien, madame, il faut rompre la trêve. Pour briser en vainqueur cet hymen, s'il s'achève; Et vous savez si peu T.irt de vous secourir, Que, pour vous eu instruire, il faut vous conquérir.
ARISTIE
Sertorius sait vaincre et garder ses conquêtes.
POMPÉS
La vôtre à la garder coûtera bien des tètes < ; Comme elle fermera la porte à tout acco.tl, Rieu ne la peut jamais assurer que ma mort. Oui, j'en jure les dieux, s'il fout qu'il vous obtienne, Rien ne peut empocher sa perte que la mienne; Et peut-être tous deux, l'un par Tautre percés. Nous vous ferons connoUre à (luoi vous nous forcez.
ARISTIE
Je ne suis pas, seigneur, d'une telle importance. D'autres soins éteindront cette ardeur de vengeance; Ceux de vous agrandir vous porteront ailleurs. Où vous pourrez trouver quelques destins meilleurs; Ceux de servir Sylla, d'aimer son Emilie, D'imprimer du respect à toute l'Italie, De rendre à votre Rome un jour sa liberté. Sauront tourner vos pas de quelque autre côté. Surtout ce privilège acquis aux grandes âmes. De changer à leur gré de maris et de femmes. Mérite qu'on l'étalé aux bouts de l'univers, Pour en donner l'exemple à cent climats divers.
1 C'est un vers de comédie qui avilit tout ; et ce vers est le précis de toute la scène. (V.)
* La vôtre, etc., est un vers de Nicomdde^ qui est bien plus à sa place dans Nicomède qu'ici , parccqu'il sied mieux à Nicomèd* de braver son frère qu'à Pompée de braver sa femme. ( V.)