SERTORIUS
POMPÉE
Ahî c'en est trop, madame, et de nouveau je jure *...
ARISTIE
Seigneur, les vérités font-elles quelque injure?
POMPEE
Vous oubliez trop tôt que je suis votre époux.
ARISTIE
Ah ? si ce nom vous plaît, je suis encore à vous. Voilà ma main, seigneur.
POMPÉE
Gardez-la moi, madame.
ARISTIE
Tandis que vous avez à Rome une autre femme? Que par un autre hymen vous me déshonorez? Me punissent les dieux que vous avez jurés, Si, passé ce moment, et hors de votre vue, Je vous garde une foi que vous avez rompue * !
POMPÉE
Qu'allez-vous faire? hélas!
ARISTIE
Ce que vous m'enseignez.
POMPEE
htcindre un tel amour ' !
ARISTIE
Vous-même l'éteignez.
POMPÉE
La victoire aura droit de le faire renaître.
ARISTIE
Si ma haine est trop foible, elle la fera croître.
POMPÉE
Pourrez-vous me haïr?
ARISTIE
J'en fais tous mes souhaits.
1 Ce vers fait bien connaître à quel point cette scène de politique amoureuse était difficile à faire. Quand on répète ce qu'on a déjà dit, c'estf une preuve qu'on n'a rien à dire. (V.)
3 II faudrait au moins qu'elle fût sûre d'épouser Sertorius pour parler ainsi |V.)
3 Si Pompée est en effet si amoureux, il n'a pas dû se séparer d'Aristie ; et s'il n'a pas une passion violtnte, tout ce qu'il dit de cet amour refroidit au lieu d'échauffer. (V.)