‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 347 sur 377 · SERTORIUS · texte numérisé non relu

SERTORIUS

POMPÉE

Ahî c'en est trop, madame, et de nouveau je jure *...

ARISTIE

Seigneur, les vérités font-elles quelque injure?

POMPEE

Vous oubliez trop tôt que je suis votre époux.

ARISTIE

Ah ? si ce nom vous plaît, je suis encore à vous. Voilà ma main, seigneur.

POMPÉE

Gardez-la moi, madame.

ARISTIE

Tandis que vous avez à Rome une autre femme? Que par un autre hymen vous me déshonorez? Me punissent les dieux que vous avez jurés, Si, passé ce moment, et hors de votre vue, Je vous garde une foi que vous avez rompue * !

POMPÉE

Qu'allez-vous faire? hélas!

ARISTIE

Ce que vous m'enseignez.

POMPEE

htcindre un tel amour ' !

ARISTIE

Vous-même l'éteignez.

POMPÉE

La victoire aura droit de le faire renaître.

ARISTIE

Si ma haine est trop foible, elle la fera croître.

POMPÉE

Pourrez-vous me haïr?

ARISTIE

J'en fais tous mes souhaits.

1 Ce vers fait bien connaître à quel point cette scène de politique amoureuse était difficile à faire. Quand on répète ce qu'on a déjà dit, c'estf une preuve qu'on n'a rien à dire. (V.)

3 II faudrait au moins qu'elle fût sûre d'épouser Sertorius pour parler ainsi |V.)

3 Si Pompée est en effet si amoureux, il n'a pas dû se séparer d'Aristie ; et s'il n'a pas une passion violtnte, tout ce qu'il dit de cet amour refroidit au lieu d'échauffer. (V.)

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