‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 363 sur 377 · ARISTIE, VIRIATE, ARCAS · texte numérisé non relu

ARISTIE, VIRIATE, ARCAS

ARISTIE

Madame, c'est Aroas, l'affranchi de mon frère; Sa venue en ces lieux cache quelque mystère. Parle, Arcas, et dis-nous...

ARCAS

Ces lettres mieux que moi Vous diront un succès qu'à peine encor je croi *.

ARISTIE lit.

« Chère sœur, pour ta joie il est temps que tu saches « Que nos maux et les tiens vont finir en eflFet. « Sylla marche en public sans faisceaux et sans haches, « Prêt à rendre raison de tout ce qu'il a fait.

« Il s'est en plein sénat démis de sa puissance; « Et si vers' toi Pompée a le moindre penchant, « Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance, (( Et la triste Emilie est morte en accouchant.

« Sylla même consent, pour calmer tant de haines,

éclat, pour s'il ne s'ejfèeitiê pas ; vn reste d'autre espoir ; la paix qui ouvre trop les partes de Home; Home qui domine au cœur; l'ordre qu'un grand effet demande^ et qui arrête Pompée à le donner.

Si le terme att impropre et le toHr vicient » En vain voim m'étale! nne scène savante.

Mais ici la scène n'est point savante, et les termes sont très impropres, les tours sont très vicieux. (V.)

1 La nouTelle, arrivée de Rome, que Sylla quitte la dictature, qu'Emilie est morte en accoHchant, et que Pompée peut reprendre sa femme, n'a rien qui coit digne de la tragédie; «Ile avilit le frawl Pompée, qui n'ose se marier et se remarier qu'arec la permission de Sylla : de plus, cette nouvelle n'est qu'un événement qui ne naît poitt de l'iatrigoe et da fond d« 8i]Qet. Ce n'est pas comiae dans Bajmztt : Tîen», j'ai reçu cet ordre, il fuit Tintimider. (V.)

— La nouvelle de l'abdication de Sylla n'icst rien moins qu'indiflféreniie dans la pièce, telle que l'auteur L'a conçue. Cette nouvelle poavoi; changer les destinées du monde. (P.)

556 SERTORIIIS.

« Qu'un feu qui fut si beau rentre en sa dignité, « Et que l'hymen te rende à tes premières chaînes, « En même temps qu*à Rome il rend sa liberté.

« QuiNTUs Aristius. »

Le ciel s'est donc lassé de m'être impiloyableî Ce bonheur comme à toi me parott incroyable. Cours au camp de Pompée, et dis-lui, cher Arcas...

ARCAS

Il a cette nouvelle, et revient sur ses pas. De la part de Sylla chargé de lui remettre Sur ce grand changement une pireille lettre, A deux milles d'ici j'ai su le rencontrer i.

ARISTIE

Quel amour, quelle joie a-t-il daigné montrer ? Que dit-il? que fait-il?

ARCAS

Par votre expérience Vous pouvez bien juger de son impatience; Mais, rappelé vers vous par un transport d'amour Qui ne lui permet pas d'achever son retour, L'ordre que pour son camp ce grand eflfet demande L'arrête à le donner, attendant qu'il s'y rende*.

i Ce j'ai su fait entendre qu'il y avait beaucoup de peine, beaucoup d'art et de savoir-faire à rencontrer Pompée : J'ai su vaincre et régner^ parceque ce sont deux choses très difficiles.

J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus morlels venins prévenir la furie... J'ai su lui préparer des craintes et dés veilles... J'ai prévu ses complots, je sais les prévenir.

Le mot savoir est bien placé dans tous ces exemples : il indique la peine qu'on a prise. Mais^'at su rencontrer un homme en chemin est ridicule. Tous les mauvais poètes ont imité cette faute. (Y.)

S Tout ce couplet est confus, obscur, inintelligible; tournez- le en prose : Son transport d'amour qui le rappelle ne lui permet pas d'achever son retour, et l'ordre que ce grand effet demande pour son camp l'arrête à le donner, attendant qu'il se rende à ce camp. Un pareil langage est- il supportable! Il est triste d'être forcé de relever des fautes si considérables et si fréquentes. Un domestique qui apporte une lettre et des nouvelles qui n'ont rien de surprenant, rien de tragique, est absolument une chose indigne du théâtre. Aristie, qui n'a

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