‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 371 sur 377 · POMPÉE, PERPENNA, VIRIATE, ARISTIE, CELSUS, ARCAS, THAMIRE · texte numérisé non relu

POMPÉE, PERPENNA, VIRIATE, ARISTIE, CELSUS, ARCAS, THAMIRE

PERPENNA

Seigneur, vous aurez su ce que je viens de faire. Je vous ai de la paix immolé l'adversaire, L'amant de votre femme, et ce rival fameux Qui s'opposoit partout au succès de vos vœux. Je vous rends Aristie, et finis cette crainte * Dont votre ame tantôt se monlroit trop atteinte: Et je vous affranchis de ce jaloux ennui Qui ne pouvoit la voir entre les bras d'autrui.

Je fais plus : je vous livre une fière ennemie, Avec tout son orgueil et sa Lusilaaie *; Je vous en ai fait maître, et de tous ces Romains

i Aristie répète ici les mêmes choses que lui a dites Perpenna dans la scène précédente. On a déjà observé que l'ironie doit rarement être employée dans le tragique; mais dans un moment qui doit inspirer le trouble et la terreur, elle est un défaut capital. Aristie ne fait ici qu'un rôle inutile et peu digne de la femme de Pompée. On a tué Sertorius, qu'elle n'aimait point; elle se trouve dans les mains de Perpenna; elle ne sert qu'à faire remarquer combien elle a fait un voyage inutile en Espagne. (V.)

* Finir une crainte! (V.)

3 Comme si cet orgueil était un effet appartenant à Viriate. (V.) — Voilà une remarque bien peu digne de Voltaire. (P.)

Page 1