‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 372 sur 377 · ACTE V, SCENE VI. 5i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI. 5i

Que déjà leur bonheur a remis en vos mains. Gomme en un grand dessein, et qui veut promptitude, On ne s*explique pas avec la multitude; Je n*ai point cru, seigneur, devoir apprendre à tous Celui d'aller demain me rendre auprès de vous ; Mais j^en porte sur moi d'assurés témoignages. Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages ; Et vous reconnoltrez, par leurs perfides traits, Combien Rome pour vous a d'ennemis secrets*. Qui tous, pour Aristie enflammés de vengeance «, Avec Sertorius étoient d'intelligence.

Lisez.

(II lui donne les lettres qu' Aristie avoit apportées de Rome à Sertorius.) ARISTIE.

Quoi, scélérat! quoi, lâche! oses-tu bien...

PERPENNA

Madame, il est ici votre mattre et le mien^; Il faut en sa présence un peu de modestie. Et si je vous oblige à quelque repartie, La faire sans aigreur, sans outrages mêlés. Et ne point oublier devant qui vous parlez.

Vous voyez là, seigneur, deux illustres rivales, Que cette perte anime à des haines égales. Jusques au dernier point elles m'ont outragé ; Mais, puisque je vous vois, je suis assez vengé. Je vous regarde aussi comme un dieu tutélaire : Et ne puis... Mais, ô dieux! seigneur, qu'allez-vous faire?

POMPEE , après avoir brûlé les lettres sans les lire.

Montrer d'un lel secret ce que je veux savoir*.

1 Des ennemis pour quelqu^un, c'est un solécisme et un barbarisme.

8 Enflammés de vengeance pour, même faute. ( V.)

8 Quand même la situation serait intéressante, théâtrale et terrible, elle ne pourrait émouvoir, parceque Peri>enna n'est là qu'un misérable, qtt*un vil délateur, et qu'on ne peut jouer un rôle plus bas et plus lâche.

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