‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 61 sur 377 · ACTE IV, scàm IX. n · texte numérisé non relu

ACTE IV, scàm IX. n

A ^enrichir bientôt d^une étrange conquête. Tu sais ce qu'il m'a dit.

êàMmu

S*il tous ttlMitolt tàùTÈf

A présent il dit vrai; j'en réponds corps pour corpi.

CLAWCS.

Peut-être qu'il le dit ; mais c'est un grand peut-être.

LirciukCE.

Dorante est un grand feurie, et nous l'a fidt oMmoltfe; Mais s'il continuoit encore à n'en conter, Peut-être avec le temps il me feroU douter.

CLAUCB.

Si tu l'aimes, du moins, étant bien avertie, Prends bien garde à ton &it, et fois bien ta partie ^

LUCIÉCE.

Cen est trop ; et tu dois seulement présumer Que je penche à le croire, et non pas à Taimer.

CLAfilCE.

De le croire à l'aimer la distance est petite : Qui fait croire ses feux fait croire son mérite ; Ces deux points en amour se suivent de si près, Que qui se croit aimée aime Inentôt après.

LScnkCE.

La curiosité souvent dans quelques âmes Produit le même effet que prodniroieut des flammes.

CLARICE

Je suis prête à le croire afin de t'obliger.

SABINE

Vous me feriez id toutes deux enrager.

Voyez, qu'il est besoin de tout ce badlnagef Faites moins la sucrée, et changez de langage, Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent*.

1 Cette ezpreesioB> prise en ce sens, n'est plus d'usage. AuJourdTiuf, prendre garde à ton fait est une phrase très populaire. On a remarqué que ces scènes de Clarice et de Lucrèce sont toutes très froides. On en demande la rsuson : c'est que ni l'une ni l'autre n'a une vraie passion ni na grand intérêt. (Y.)

S Façom de sTexprimer prise d'un ancien proverbe trivial, et indigo* d'être écrit, surtout en vers. (V.)

LUCRÈCE

Laissons là cette folle, et dis-moi cependant, Quand nous le vîmes hier dedans les Tuileries «, Qu'il te conta d'abord tant de galanteries, Il fut, ou je me trompe, assez bien écouté. Étoit-ce amour alors, ou curiosité î

CLARICE

Curiosité pure, avec dessein de rire

De tous les compliments qu'il auroit pu me dire.

LUCRÈCE

Je fais de ce billet même chose à mon tour ; Je Tai pris, je Tai lu, mais le tout sans amour : Curiosité pure, avec dessein de rire De tous les compliments qu'il auroit pu m'écrire.

CLARICE

Ce sont deux que de lire, et d'avoir écouté ; L'un est grande faveur; l'autre, civilité : xMais trouve -s-y ton compte, et j'en serai ravie; En l'état où je suis, j'en parle sans envie.

LUCRÈCE

Sabine lui dira que je l'ai déchiré.

CLARICE

Nul avantage ainsi n'en peut être tiré. Tu n'es que curieuse.

LUCRECE

Ajoute à ton exemple.

CLARICE

Soit. Mais il est saison que nous allions au temple*.

1 Ce vers prouve deux choses : d'abord , que la pièce dure deux journées; ensuite, que la scène a changé, que le théâtre ne doit plus * représenter les Tuileries, mais la place Royale. Il était, à la yérité, assez extraordinaire que ces dames se promenassent si régulièrement dans un jardin deux journées de suite ; mais il ne l'est pas moins qu'elles aient de si longues conférences dans une place. Au reste, la règle des vingt-quatre heures peut très bien subsister, la pièce commençant à six heures du soir , et finissant le lendemain à la même heure. (V.)

S n est saison, pour il est temps, il est Vheure, ne se dit plus ; de ^lus, voilà une manière bien froide et bien maladroite de finir im acte : II est tonps d'aller à l'église, parceque nous n'avons plus rien à dire.

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