SCÈNE I
GÉROffTE, PHtUSTE.
6ÉR0NTE.
Je ne pouvois avoir rencontre plus heureuse
Pour satisfaire ici mon humeur curieuse.
Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,
£t TU, comme mon tils, les gens de ces quartiers :
Ainsi vons me pouvez facilement apprendre
Quelle est et la famille et le bien de Pyrandre.
PHILISTE
Quel est-il, ce Pyrandre 7
GBRONTE.
Un de leui*s citoyens :
Noble, à ce qu'on m*a dit, mais un peu mal en biens.
PHILISTE
Il n'est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhomme Qui, si je m'en souviens, de la sorte se nomme.
GÉRONTE
Vous le connoltrez mieux peut-être à l'autre nom ; ^e Pyrandre s'appelle autrement Armédon.
Aussi peu l'un que l'autre.
GÉRONTE
Et le père d'Orphise, Cette rare beauté qu'en ces lieux même on pn^ ?
1 Dans la première édition da Menteur, Corneille introduisoit ici un personnage nommé Àrgante , qui tenoit à Géronte à peu près le même langage que Philiste ; mais, pour prévenir les critiques qu'exciteroit l'apparition d'un nouveau personnage à la fin de sa pièce, il le supprima, et refit la scène telle que nous la donnons ci- dessus. Par une bizarrerie inconcevable, Voltaire n'a tenu aucun compte à Corneille de cette importante correction.