‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 68 sur 377 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Tontes tierces, dit-on, soot bonnes ou mao?aisesi.

BORAim

Cliton, ne raille point, que tu ne me déplaises : D^un trouble tout nouveau f ai Tesprit agité.

CLITON

PTest-ce point du remords d'avoir dit vérité? Si pourtant ce n*est point quelque nouvelle adresse; Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce t, Et vous vois si fertile en semblables détours. Que, quoi que vous disiez, je Tentends au rebours.

DORANTJï

Je Taime; et sur ce point ta défiance est vaine : Mais je hasarde trop, et c'est ce qui me gêne. Si son père et le mien ne tombent point d'accord. Tout commerce est rompu, je fais naufrage au port. Et d'ailleurs, quand l'affaire entre eux seroit conclue, Suis-je sûr que la fille y soit bien résolue? J'ai tantôt vu passer cet objet si charmant : Sa compagne, ou je meure, a beaucoup d'agrément. Aujourd'hui que mes yeux l'ont mieux examinée. De mon ptemier amour j'ai l'ame un peu gênée ; Mon cœur entre les deux est presque partagé >; Et celle-ci l'auroit, s'il n'étoit engagé.

CLITOIf.

Mais pourquoi donc montrer une flamme si grande, Et porter votre père à faire une demande?

DORANTE

Il ne m'auroit pas cru, si je ne l'avois fait.

1 Cette plaisanterie est tirée de Topinion où Ton était alors que le troisième accès de fièvre décidait de la guérison ou de la mort. (T.)

1 On ne sait, en effet, qui Dorante aime ; il ne le sait pas lui-même : c'est une intrigue où le lecteur n'a aucune part. Dorante, Lucrèce et Clarice prennent si peu de part à cet amour, que le spectateur n'y prend aucun intérêt. C'est un très grand défaut , comme on Ta déjà dit ; et l'intrigue n'est point assez plaisante pour réparer cette faute : la pièce ne se soutient que par le comique des menteries de Dorante.

(V.) S Cela seul suf&t pour refroidir la pièce. S'il ne se toucie d'aucun*^ qu'importe ctlle qu'il aurai (T.|

CUTOIf.

Quoi ! même eu disant vrai, vous mentiez en effet ^ t

DORAimt.

G'étoit le seul moyen d'apaiser sa colère.

^ue maudit soit quiconque a détrompé mon père î

Avec ce faux hymen j'aurois eu le loisir

De consulter mon cœur, et je pourrois choisir.

CLTTON.

Mais sa compagne enfin n'est autre que Clarice.

DOKANTE.

Je me suis donc rendu moi-même un bon office. Oh I qu'Alcippe est heureux, et que je suis confus! Mais Alcippe, après tout, n'aura que mon refds. N'y pensons plus, Gliton, puisque la place est prise.

en TON.

Vous en voilà défait aussi bien que d'Orphise.

DORANTE

Reportons à Lucrèce un esprit ébranlé.

Que l'autre à ses yeux même a voit presque volé.

Mais Sabine survient.

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