‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 72 sur 377 · II · texte numérisé non relu

II

LUCRÈCE, àQariee.

Va ce que nous savons, elle est un peu grossière.

CLARICE, àlivcvèoe.

Cest ainsi qu'il partage entre nous son amour; Il te iatte de nuit, et m>n conte de jour.

DORANTE , i Clarice.

Vous consultez ensemble ! Ah ! quoi qu'elle vous die, Sur de meilleurs conseils disposez de ma vie; Le sien auprès de vous me seroit trop fatal ; Elle a quelque sujet de me vouloir du mal.

LUCRÈCE , en elle-même.

Ah ! je n'en ai que trop, et si je ne me venge...

CLARICE , à Dorante.

Ce qu'elle me disoit est de vrai fort étrange.

DORANTE

C'est quelque invention de son esprit jaloux.

Je le crois ; mais enfin me recoimoissez-vous?

DORANTE

Si je vous reconnois î quittez ces railleries, Vous que j'entretins hier dedans les Tuileries, Que je fis aussitôt maîtresse de mon sort?

CLARICE

Si je veux toutefois en croire son rapport. Pour une autre déjà votre ame inquiétée...

DORANTE

Pour une autre déjà je vous aurois quittée? Que plutôt à vos pieds mon cœur sacrifié...

CLARICE

Bien plus, si je la crois, vous êtes marié.

DORANTE

Vous me jouez, madame ; et, sans doute pour rire, Vous prenez du plaisir à m'entendre redire Qu'à dessein de mourir en des liens si doux Je me fais marié pour toute autre que vous.

CLARICE

Mais avant qu'avec moi le nœud d'hymen vous lie. Vous serez marié, si l'on veut, en Turquie.

DORANTE

Avant qu'avec toute autre on me puisse engager,

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